Accueil » Mémoire » Retrouver toutes les enregistrements

Les archives sont régulièrement mises à jour.

Vous ne trouverez pas encore l'intégralité des auteurs. Cette page est régulièrement enrichie : revenez-nous voir !

Philippe Forest

De la littérature comme expérience du réel 

Dans Le Siècle des nuages, qui renoue avec le caractère épique de Sarinagara, Philippe Forest revisite le 20ème siècle en entremêlant les destins individuels de ses parents à l’histoire collective, symbolisée par l’épopée de l’aviation. La vaste fresque ne doit pas masquer le caractère intime d’un roman qui, comme le reste de son œuvre, constitue pour Philippe Forest une nouvelle variation autour de l’expérience douloureuse de la perte et du deuil. Retour sur le parcours d’un écrivain qui place la réalité biographique au cœur de sa démarche littéraire et de son écriture romanesque…  

Yves Bonnefoy | Jean-Pierre Simeon

La poésie à voix haute 

Poète du sentiment et de la “main tendue”, Jean-Pierre Siméon est l’auteur de nombreux recueils, récompensés par les plus grands prix, parmi lesquels Le sentiment du monde ou Le bois de hêtres. Il dialogue avec Yves Bonnefoy, et revient sur le parcours exceptionnel de cette figure majeure de la littérature française du 20ème siècle, auteur d'arrière-pays ou des Planches courbes. Poète, mais aussi traducteur et critique d’art, il publie cette année de nombreux textes, dont une anthologie d’entretiens qu’il a donnés, depuis 1990, sur la poésie contemporaine, intitulée L’inachevable.  

Javier Cercas | Mathias Enard

Les accidents de l’histoire 

Dans Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, Mathias Enard imagine ce qui aurait eu lieu si Michel-Ange avait répondu à la demande du sultan Bajazet de construire le Pont de la Corne d’or. Dans Anatomie d’un instant, l’espagnol Javier Cercas revient sur le coup d’état manqué de 1981, et sur le courage d’un homme, Adolfo Suarez, resté debout face aux ennemis : un instant immortalisé par les caméras de télévision. Deux auteurs qui placent l’Histoire au cœur de l’écriture en interrogeant les liens entre réalité et virtualité, justesse romanesque et vérité historique.

Charles Dantzig

Pourquoi lire ? 

Après le Dictionnaire égoïste de la littérature française, le romancier et éditeur Charles Dantzig donne un nouvel essai sur la littérature en se penchant cette fois ci sur les principaux enjeux de la lecture. Pourquoi lire ? est un savant mélange d’érudition et de drôlerie, de mots d’esprit et d’espièglerie intellectuelle, qui nous fait voyager au cœur des livres, de La Recherche du temps perdu à Twilight, en donnant à cette vaste question une multitude de réponses, dont celle-ci : “Lire ne sert à rien. C’est bien pour cela que c’est une grande chose”.  

Timothée de Fombelle

Le souffle de l’aventure 

“Tobie Lolness mesurait un millimètre et demi, ce qui n’était pas grand.” Ainsi commencent les aventures de Tobie qui appartient au peuple de l’Arbre. Au coeur d’un inoubliable monde miniature, un grand roman écologique, d’aventure et d’amour. A propos de Vango, l’auteur dit “J’ai mis dans ce roman tout ce qui compte pour moi : le souffle de l’aventure, la cruauté et la beauté des existences. Je voulais une saga qui emporte le lecteur et laisse chez lui des traces…”

A partir de 10 ans.

Claude Arnaud | Jean Rouaud

Les enfants du siècle 

Dans Qu’as-tu fait de tes frères ?, Claude Arnaud revient sur la manière dont la “révolution” de 1968 et les folles années 70 ont modifié son équilibre familial (et fraternel) et déterminé sa (dé)construction identitaire. Un lien entre destin intime et histoire collective que l’on retrouve dans Comment gagner sa vie honnêtement, un récit de formation morcelé dans lequel Jean Rouaud aborde lui aussi son rapport aux arts, à la politique ou à la sexualité tout en dressant le portrait d’une époque, la deuxième partie du 20ème siècle, durant laquelle le monde connaît de profondes mutations.  

Tatiana Arfel | François Taillandier

Un monde sans pitié 

Dans Des clous, la jeune romancière Tatiana Arfel donne un livre engagé sur le processus de déshumanisation des corps, du langage et des esprits, à travers les destins de divers employés d’une société “futuriste”, Human tools. Un regard sans concessions sur un monde en mutation que l’on retrouve dans Time to Turn, le dernier volume de La grande intrigue de François Taillandier, vaste fresque familiale et sociale qui analyse avec beaucoup de subtilité les changements (le turn !) qui opèrent dans les domaines du travail, de la politique et de l’amour. Deux mondes imaginaires, sans pitié, qui pourraient bien être les nôtres…  

Pierric Bailly | François Begaudeau

Educations sentimentales 

Dans La blessure la vraie, François Bégaudeau met en scène son adolescence à travers la chronique douce-amère d’un été 86 passé en Vendée, entre tournois de tennis, parties de drague, rendez-vous manqués et blessure indélébile. Un roman de formation ironique et décalé que l’on retrouve chez les grands adolescents que Pierric Bailly met en scène dans Michael Jackson, récit d’une génération qui (ré)invente sa réalité et ses amours afin de repousser le plus longtemps possible le passage à l’âge adulte.  

Sofi Oksanen

Les femmes de l’ombre 

La publication de Purge, et sa traduction dans de nombreuses langues, ont fait de Sofi Oksanen un phénomène mondial comme la littérature en connaît très peu. Ce beau roman a aussi permis de (re)découvrir l’histoire d’un pays, l’Estonie, qui a subi la domination des allemands avant d’être placé, pendant près de 50 ans, sous le joug destructeur de l’Union Soviétique. A travers les destins de deux femmes de générations différentes, c’est toute la seconde partie du 20ème siècle qui défile, avec une maîtrise narrative qui fait de ce livre un mélange époustouflant de fresque historique, de thriller haletant et de roman intimiste.

Maylis de Kerangal | Charles Robinson

De l'esprit des lieux 

Autour du gigantesque chantier qui préside à la Naissance d’un pont en pleine Californie, Maylis de Kerangal tisse un roman d’une grande amplitude, brassant les destins individuels et les questions de société, tout en constituant une métaphore du monde et du livre en train de s’écrire. Un regard sur nos villes et sociétés contemporaines que l’on retrouve dans le deuxième roman de Charles Robinson, Dans les cités, avec le destin d’un jeune urbaniste chargé de réaliser un audit auprès de la population d’un quartier promis à la destruction, et qui voit lui aussi se mêler les histoires humaines aux enjeux sociétaux.

Christine Angot

Trajectoire d’auteur 

L’oeuvre de Christine Angot est l’une des plus singulières et marquantes de la littérature française des 25 dernières années. Présente à Bron à plusieurs reprises, elle est de retour avec Les Petits, un roman qui ausculte les mécanismes d’amour - et de désamour - d’un couple, en évoquant la place et la “responsabilité” des enfants dans le désastre amoureux. L’occasion d’évoquer ce livre, dans lequel on retrouve le souffle incomparable de son écriture et de revenir sur l’ensemble d’un parcours et d’une œuvre absolument hors normes.

Gisèle Sapiro

La responsabilité de l’écrivain 

À travers les grands procès de l’histoire littéraire (Flaubert, Baudelaire ou plus récemment Mathieu Lindon), Gisèle Sapiro explore les évolutions des droits et de la morale publique en France. Une réflexion passionnante sur la liberté et la responsabilité de l’écrivain.

*Journée payante, sur inscription uniquement. Programme détaillé et renseignements.

En partenariat avec Médiat Rhône-Alpes et la Médiathèque Départementale du Rhône.

Luc Lang | Gisèle Sapiro | Agnès Tricoire

De la liberté de création au délit de fiction 

Avec Délit de fiction, Luc Lang aborde les liens entre le réel et sa représentation fictionnelle, la liberté de l’écrivain et le pouvoir de la littérature. Un regard sur les droits (et les devoirs ?) de l’auteur qui trouve un écho dans le travail de l’avocate Agnès Tricoire, spécialiste de la propriété intellectuelle et de la censure, qui analyse ces enjeux dans un ouvrage, intitulé Petit traité de la liberté de création.

Gilles Leroy | Eric Reinhardt

Ceci n’est pas seulement un roman d’amour 

Dans Dormir avec ceux qu’on aime, Gilles Leroy évoque la relation passionnée, tumultueuse et impossible entre un jeune guitariste roumain et un écrivain français désenchanté qui vit là son second – donc dernier ? – amour. Dans Le Système Victoria, Éric Reinhardt met en scène la liaison d’un homme et d’une femme que tout oppose : David, un homme de gauche modeste et presque résigné ; Victoria, une « businesswoman » ultralibérale et avide de pouvoir… Dans les deux cas, des histoires d’amours contrariées qui questionnent l’altérité, le désir, la perte des illusions, la liberté et la solitude, mais aussi les rapports de pouvoir, le rôle de l’argent, le cynisme d’un monde inégal et violent.

Mathieu Belezi | Alexis Jenni

Souvenirs des guerres sans noms 

Deux personnages à la démesure de l’histoire coloniale française habitent les romans d’Alexis Jenni, L’art français de la guerre, et Mathieu Belezi, Les Vieux Fous. L’un, Victorien Salagnon est un ancien parachutiste devenu peintre qui a traversé les guerres d’Algérie et d’Indochine après s’être engagé dans la Résistance française. L’autre, Albert Vandel, est l’un des derniers colons, symbole de la présence française en Algérie pendant plus d’un siècle. Deux livres ambitieux qui disent les drames de l’histoire coloniale, la violence des occupations ou la folie des hommes, mais aussi les plaies ouvertes des conflits et leurs résonnances dans la France contemporaine.

Régis Jauffret

Ceci n’est pas un fait divers 

Après l’affaire du banquier Stern dans Sévère, Régis Jauffret s’inspire d’un autre fait divers avec Claustria, un roman dans lequel il revient sur la terrible histoire de l’autrichien Josef Fritzl, qui a tenu sa fille enfermée dans une cave pendant 24 ans. Un livre entre faits réels et invention romanesque qui permet d’évoquer la violence du tyran, la souffrance de la victime, et qui offre un regard terrible sur la perversité humaine et la « complicité » silencieuse des témoins proches, symboles d’une Autriche embarrassée par son passé nazi. Avec ce roman impressionnant, Régis Jauffret pose là tous les enjeux du rapport entre la littérature et le réel…

 

Céline Minard

Éloge de la fiction 

Depuis la parution de son premier livre en 2004, Céline Minard ne cesse de repousser les frontières littéraires avec des romans inclassables et divers, comme Bastard Battle ou Le Dernier Monde. Dans So long, Luise, elle écrit la lettre testamentaire d’une vieille écrivaine indigne en posant de nombreuses questions sur l’écriture, la langue, la création, à partir notamment du concept de « jactance » qui fait de la littérature une arme véritable… Un livre qui flirte avec une dimension fantastique, et qui met en exergue la formidable inventivité narrative et stylistique d’un auteur qui fait de l’espace romanesque un terrain de jeu et de connaissance.

Patrick Deville | Dominique Sigaud

L’histoire avec “une grande hache” 

Après l’Afrique et l’Amérique Latine, Patrick Deville poursuit son « tour du monde romanesque à hauteur de l’équateur » avec Kampuchéa, un roman qui ausculte l’histoire du Cambodge de la découverte des temples d’Angkor au récent procès des responsables khmers rouges, notamment Douch et Pol Pot. L’histoire « avec une grande hache » et la figure du bourreau sont aussi présents dans Franz Stangl et moi, de Dominique Sigaud, qui réfléchit sur le destin de l’ancien officier SS, commandant du camp de Treblinka, mais aussi sur la question du mal, de la culpabilité, et du rapport intime au désastre.

Guillaume Chauvin | Rémi Hubert | Ariel Kenig

Ceci n’est pas une photographie 

Guillaume Chauvin et Rémi Hubert ont reçu en 2009 le Grand Prix Paris Match du photoreportage grâce à une série de clichés « arrangés » qu’ils avouent avoir mis en scène comme un véritable roman-photo. Ils évoquent cette expérience dans Aucun détour ne ment, un essai qui analyse les enjeux actuels des discours médiatiques. Ariel Kenig, écrivain et vidéaste, développe lui aussi une réflexion sur la place de l’image dans la société française contemporaine avec Le miracle. Un roman dans lequel des photos volées de Pierre Sarkozy déclenchent une variation décapante sur la révolution technologique, le pouvoir de la presse, mais aussi le miracle de la littérature et la puissance du verbe.

Marc Cholodenko | Camille De Toledo

La possibilité du « il » 

Dans Deux cents et quelques commencements, Marc Cholodenko signe un texte uniquement composé de débuts de romans inachevés, qui ouvre une réflexion sur les possibilités de la fiction, sur le sens de l’écriture romanesque, et sur la capacité du lecteur à « écrire » le livre qu’il est en train de lire. Dans Vies pøtentielles, Camille de Toledo entremêle des « micro-fictions » imaginaires avec une écriture beaucoup plus intime liée à son histoire familiale et à son rapport au monde. Dans les deux cas, des livres dont la forme permet une liberté de lecture totale, et une multitude d’interprétations possibles…

Bernard Chambaz | Alain Serres | Zaü

Rue du monde 

Autour d’un livre, on se dit des choses qu’on ne se dit jamais autour d’une pizza ou devant la télé, comme par exemple « Tu crois qu’on peut être amoureux quand on ne sait pas écrire ? ».Venez partager notre enthousiasme pour le travail d’auteur et d’éditeur d’Alain Serres. Venez le rencontrer en compagnie de Bernard Chambaz, auteur de plusieurs romans dont le dernier Je m’appelle pas Ben Laden revient sur le 11 septembre 2001, et de Zaü, illustrateur très inspiré et emblématique de la maison.Tout public.

Lidia Jorge | Michel Schneider

Des histoires dans l’Histoire 

De l’Empire colonial à la dictature de Salazar en passant par la communauté capverdienne ou l’identité de son Algarve natal, Lidia Jorge propose depuis trente ans une radiographie romanesque du Portugal contemporain en alliant l’intimité de ses personnages - souvent féminins - à une vision historique plus large, ce que prouve encore son dernier roman, La nuit des femmes qui chantent. On retrouve cet ancrage historique dans le « roman familial » de Michel Schneider, Comme une ombre, dans lequel il évoque son frère aîné disparu à travers une enquête au cœur de l’enfance et un retour sur l’évènement qui a bouleversé leurs vies, en l’occurrence la Guerre d’Algérie. Des livres qui relient les destins individuels et les histoires collectives.

Arno Bertina | Nathalie Leger

Soi-même comme un autre 

En mettant en scène l’épopée du tennisman « Rodgeur Fédérère » alors qu’il est en train de tomber de son piédestal, Arno Bertina donne avec Je suis une aventure un roman labyrinthique qui interroge la grâce, la notoriété, les mythes modernes et les bribes de l’identité. Avec son Supplément à la vie de Barbara Loden, Nathalie Léger s’intéresse au destin de celle qui fut actrice et réalisatrice d’un seul film, culte, intitulé Wanda, en revenant sur les liens entre la créatrice (Loden) et la créature (Wanda) et les enjeux de cette mise en fiction. Dans les deux cas, des vraies fausses biographies qui donnent aux romanciers l’occasion d’écrire, de manière détournée, leur propre autoportrait…

Germano Zullo | Albertine Zullo

La Joie de Lire 

Leurs albums sont de véritables mines où l’on peut passer des heures à observer les détails de l’image et à se raconter des histoires. Qu’ils nous emmènent faire des emplettes au rayon chaussures d’un grand magasin, nous perdent sur les pistes d’une station de ski ou encore construisent des maisons délirantes, ce sont des moments précieux et plein d’imagination à partager en famille.Pour les petits, leurs parents, grands-frères et sœurs…

Bruce Begout | Christophe Bouton

Les philosophes face à l’histoire 

Co-dirigé par Bruce Bégout et Christophe Bouton, Penser l’histoire est un ouvrage collectif dans lequel de nombreux intellectuels analysent la manière dont la philosophie a appréhendé l’histoire au fil des siècles. De Marx à Hannah Arendt en passant par Hegel, Husserl ou Paul Ricœur, ce livre convoque les plus grands penseurs, les courants philosophiques principaux, mais aussi des conceptions de l’histoire plus singulières qui permettent notamment une profonde réflexion  sur la question du récit, en analysant le rôle de ceux qui écrivent l’histoire – et ceux qui la font - en particulier lorsqu’il s’agit des « catastrophes » du 20ème siècle…

Claudine Galea | Lydie Salvayre

Le roman des icônes 

Quand deux romancières s’attaquent à des icônes absolues de l’histoire du rock… Avec Hymne, Lydie Salvayre revient sur la reprise de l’hymne américain par Jimi Hendrix au festival de Woodstock en déclinant le parcours de l’idole et les enjeux sociaux, politiques ou individuels de cette prestation mythique. Dans Le corps plein d’un rêve, Claudine Galéa s’intéresse à une autre figure clé de la contreculture mondiale en mettant en scène la relation personnelle, presque intime, qui la lie à l’auteur de My Génération, la grande Patti Smith. Une rencontre qui, comme il se doit, se terminera en musique… 

Lorette Nobécourt | Eric Villeneuve

Deux personnages en quête d’eux-mêmes 

D’un côté Nathan, l’adolescent anglais errant sur l’Ile de Pâques, égaré dans les méandres de sa conscience, qui vit de labyrinthiques Aventures sur l’Ile de juillet. De l’autre Kola, orphelin fragile et solaire qui, dans Grâce leur soit rendue, part sur les traces de ses écrivains de parents au fil d’un périple au Chili… Derrière les deux contes initiatiques d’Éric Villeneuve et Lorette Nobécourt, se dessinent deux romans au souffle puissant, poétiques et spirituels, qui disent avec beaucoup de force les questionnements sur l’identité, la filiation, les origines, le temps, mais aussi sur la création artistique, l’écriture, la solitude et la mélancolie…

Michel Deguy

La poésie n’est pas seule 

Poète, philosophe, critique, traducteur, directeur de revues… Depuis près de cinquante ans, Michel Deguy construit une œuvre poétique immense dont le dernier volume, N’était le cœur, vient de paraître aux éditions Galilée. L’occasion de revenir avec lui sur ce parcours d’auteur et d’intellectuel, sur les liens entre la poésie et la philosophie, mais aussi sur l’écriture du poème à proprement parler, entre lyrisme et métaphysique, poésie de l’expérience et phénoménologie, héritage et modernité. Un entretien rare, avec l’un des plus grands écrivains français contemporains.

Frank Giroud | Maximilien Le Roy

La BD : toute une histoire 

Frank Giroud, ancien élève de l’école des Chartes, agrégé d’histoire, grand voyageur, a choisi l’écriture de scénarios de bandes dessinées, une voie singulière et de cœur, pour donner libre cours à ses passions, la langue, le récit, les cultures du monde, l’histoire. Il a édité, avec les plus grands dessinateurs, une œuvre engagée, très documentée et éclectique.Maximilien Le Roy, lui aussi grand voyageur (en Palestine notamment), a malgré sa jeunesse une œuvre déjà importante très liée à une réalité sociale, historique ou politique. Son album, Dans la nuit la liberté nous écoute, est l’histoire vraie d’Albert, un jeune communiste qui trahit l’armée française pendant la Guerre d’Indochine.

Alain-Julien Rudefoucauld | Morgan Sportes

De la réalité à la fiction (et vice versa) 

Avec Tout, tout de suite, Morgan Sportès donne un « conte de faits », un roman basé sur l’assassinat du jeune Ilan Halimi par ceux que l’on a appelé « Le gang des barbares », dans lequel il revisite ce fait divers sordide, symbole des pires dérives de nos sociétés contemporaines. On retrouve cette jeunesse blessée, déboussolée et violente dans le roman d’Alain Julien Rudefoucauld, Le Dernier Contingent où il met en scène une réalité comparable par les seules armes de la fiction. Deux approches qui posent de nombreuses questions sur les faits en eux-mêmes (barbarie, héritage de la haine, dislocation sociale) et la manière dont la littérature les met en scène.

Antonio Altarriba | Ali Magoudi

Au nom du père 

Avec L’art de voler, Antonio Altarriba signe un roman graphique (dessins de Kim) bouleversant sur le destin inouï de son père, marqué par la lutte contre le franquisme, l’exode, les camps de concentration et l’engagement dans la Résistance. Une démarche identique à celle du psychanalyste Ali Magoudi qui, dans Un sujet français, retrace lui aussi l’existence de son père dans la furie du 20ème siècle, de l’Algérie à la France en passant par l’Allemagne et la Pologne, grâce à une enquête au cœur des archives nationales et des légendes familiales. Deux « romans du père » d’une grande émotion, qui montrent aussi la violence de l’histoire, la résistance des hommes et la force de l’engagement.

 

Philippe Djian

Le monde selon Djian 

Depuis près de trente ans, Philippe Djian décline une œuvre éclectique, entre recueils de nouvelles, séries littéraires et romans, qui brillent par une recherche stylistique constante et une volonté farouche de raconter des histoires. Son dernier livre, Vengeances, est le symbole de cette variété : derrière le vrai-faux polar, se dresse le portrait subtil d’une bande de quinquagénaires marqués par des désillusions intimes, politiques ou artistiques, mais aussi une vraie réflexion sur le désir, le vieillissement, la filiation et l’inadéquation au monde tel qu’il va. Rencontre avec un écrivain culte qui marque de son empreinte et de sa singularité la littérature française contemporaine.

Bernard Chambaz | Fabio Viscogliosi

La vie est ailleurs 

En suivant le parcours du gardien de football Robert Enke, de sa naissance en RDA à son suicide au début des années 2000 suite à la mort de sa fille, Bernard Chambaz donne avec Plonger un livre bouleversant qui fait écho à la disparition de son propre fils, déjà évoquée dans Martin cet été. C’est aussi la perte, des parents cette fois-ci, qui hante le deuxième récit de Fabio Viscogliosi, Mont Blanc, dans lequel il revient sur l’incendie du tunnel qui leur a coûté la vie en 1999, mais aussi (avant tout ?) sur le monde d’après le drame, entre exercice de deuil impossible et retour à la lumière. Deux livres poignants, portés par des écritures poétiques, élégantes et délicates.

Marie Desplechin

Saltimbanques 

Laissez-vous conter l’histoire extraordinaire de la femme à barbe ou de l’homme tronc et de toute la famille cabossée mais si attachante du cirque. Sur des illustrations somptueuses d’Emmanuelle Houdart, Marie Desplechin a écrit des récits pleins d’un humour tendre et de poésie qu’elle lira rien que pour vous. Plongez aussi avec elle dans Le journal d’Aurore : son premier rendez-vous, les cours particuliers de maths, la naissance de son groupe de rock… Tout public à partir de 6 ans.

Pierre Bayard | Christine Montalbetti

Éloge des voyages insensés 

Après Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ?, Pierre Bayard signe un nouvel essai original et exigeant, Comment parler des lieux où l’on n’a pas été ?, dans lequel il analyse la transposition littéraire des lieux réels dans l’œuvre d’écrivains majeurs comme Jules Verne, Chateaubriand ou Emmanuel Carrère. Cette approche trouve un écho dans les livres de Christine Montalbetti qui, de l’Amérique de Western au Japon de L’évaporation de l’oncle, poursuit depuis de nombreuses années un travail sur le détournement des clichés et la constitution d’une géographie intime, entre lieux réels et lieux du livre.

Dalibor Frioux | André Orlean

Un autre monde : le nôtre ? 

Philosophe de formation, c’est par le biais d’un roman d’anticipation, Brut, que Dalibor Frioux a choisi d’aborder la réalité contemporaine de la Norvège, entre richesse et éthique, gestion des excédents et malédiction des ressources, bonheur apparent et vices cachés. Un roman politique, d’une actualité brûlante, qui résonne avec les travaux de l’« économiste atterré » André Orléan. Son dernier essai, L’Empire de la valeur, qui se propose de refonder entièrement l’économie moderne, donne un éclairage sur la mondialisation, le libre-échange, le pouvoir financier tout en mettant en évidence l’absurdité de notre système actuel.

 

Claudine Galea | Ariel Kenig

Romans photo 

Ces deux auteurs ont ceci de commun qu’ils aiment tous les lecteurs, toutes les écritures, toutes les expériences littéraires : pour les enfants, pour les ados, pour les adultes, le théâtre, les romans. No limit à leur créativité ! Ils ont tous les deux publié un texte dans la collection ados Photoroman (Th. Magnier) qui propose à des auteurs d’écrire à partir de photos. Pour ados.

Arthur Dreyfus | Eric Sommier

Ceci n’est pas une histoire vraie 

En s’intéressant au destin de « Spadino », un motard italien chargé de la sécurité au moment de l’incendie du tunnel du Mont Blanc en 1999, Éric Sommier donne avec Dix un livre qui questionne l’héroïsme ordinaire et la construction des légendes. Une variation romanesque à partir d’un fait divers que l’on retrouve avec Belle Famille, le nouveau roman d’Arthur Dreyfus, dans lequel il revisite avec beaucoup de distance l’« affaire » de la petite Maddie, une fillette disparue depuis des années, dont le mystère n’a jamais été éclairci. En clôture du festival, une nouvelle interrogation sur la liberté du romancier face à ces histoires vraies.

Blanche Cerquiglini | Jean-Yves Tadie

Le roman au fil des époques 

Avec Le Roman d’hier à demain, Jean-Yves Tadié et Blanche Cerquiglini proposent un essai passionnant sur les évolutions notoires du genre romanesque du début du 20ème siècle au début du 21ème.  De l’éclatement et de la diversité des formes – autobiographie, fiction, document – aux différents enjeux esthétiques, politiques, historiques et intimes d’un genre en perpétuel mouvement, en passant par les œuvres décisives (De La Recherche du Temps perdu aux Particules élémentaires) et les principaux mouvements littéraires, retrouvez une radiographie complète et stimulante du roman d’hier, d’aujourd’hui, et même de demain !

Débat organisé en partenariat avec Médiat Rhône-Alpes, la Médiathèque Départementale du Rhône. Destiné en priorité aux professionnels du livre, ouvert au public dans la limite des places disponibles. Sur réservation.

Antoine Choplin

La nuit tombée 

Les lycéens invitent.
Avec ce nouveau roman, l’auteur de Radeau et L’impasse dessine un portrait tout en délicatesse de la ville de Pripiat, située à quelques kilomètres seulement de la centrale de Tchernobyl, et de ses habitants… A travers le retour, dans la zone sinistrée, du personnage de Gouri, Antoine Choplin nous mène sur les traces d’un des évènements majeurs de la fin du 20ème siècle en s’intéressant, dans une langue épurée et poétique, aux conséquences invisibles et aux stigmates intimes d’une région et d’un peuple dévastés par la catastrophe nucléaire.

Iain Levison

Un petit boulot 

Les lycéens invitent.
En mettant en scène un (anti) héros aux prises avec la pauvreté, le chômage et les emplois précaires, qui se voit proposer un lucratif contrat de tueur à gages par un mafieux local, Iain Levison donne un livre multiple, à la fois polar, roman social, conte moral et comédie grinçante. Dans la lignée des Tribulations d’un précaire, l’écrivain d’origine écossaise revisite sa propre histoire pour en faire le symbole d’une Amérique en crise, bien loin des clichés du Self made man et de l’American way of life. En donnant la parole à ceux qui ne l’ont pas…

Joy Sorman

Du bruit 

Les lycéens invitent.
De la découverte, à l’adolescence, du groupe NTM et de la passion qu’elle a vouée à ses deux membres – Joey Starr et Kool Shen – Joy Sorman tire un livre audacieux qui ne se résume pas à un banal exercice d’admiration. Dans une langue ardente, elle revient sur les étapes clés du phénomène (les concerts, notamment, décrits avec une empreinte physique impressionnante), dissèque les particularités du groupe, analyse les enjeux esthétiques et sociétaux du rap, tout en  livrant une réflexion profonde sur l’adolescence, la musique, la force vibrante du son et son impact sur les corps et les âmes. Faites du bruit !!!!

Bernard Pivot

La question en question 

A l’occasion de la parution de son second roman, Oui, mais quelle est la question ?, dans lequel il met en scène un interviewer vedette de la télévision atteint d’une maladie incurable, la « questionnite » aigüe, Bernard Pivot revient sur sa propre carrière, marquée par la passion des livres et l’admiration des écrivains. De son émission culte, Apostrophes, à sa participation au jury du Prix Goncourt, en passant par ses nombreux ouvrages sur la langue française et la création du magazine Lire, une occasion de redécouvrir le parcours d’une figure clé du monde littéraire.

Jérôme Ferrari

Grandeur(s) et décadence(s) 

Depuis une dizaine d’années, Jérôme Ferrari construit une œuvre romanesque qui interroge la place des hommes face à la violence de l’histoire. Avec Le sermon sur la chute de Rome, il en offre une nouvelle variation en décrivant la grandeur et la décadence d’un village corse, tout en proposant une réflexion sur les fondements et la disparition des mondes, la place des hommes qui les construisent, la dimension mythique de leurs destins… Calqué sur les sermons prononcés par Saint-Augustin après la chute de Rome, ce roman crépusculaire marque une nouvelle étape dans la trajectoire d’un écrivain majeur, récompensé en 2012 par le Prix Goncourt.

Jeanne Benameur

Itinéraire d’un écrivain pluriel 

Les publications récentes de Jeanne Benameur montrent l’éclectisme et la variété des genres littéraires explorés par cet écrivain pluriel. Outre un deuxième recueil de poèmes publié chez Bruno Doucey en 2012, on retrouve en 2013 deux livres aux résonances multiples, parus simultanément aux éditions Actes Sud : Je vis sous l’œil du chien, un monologue destiné au théâtre, et Profanes, son septième roman, dans lequel l’auteur des Insurrections singulières propose un regard sensible sur les notions de profane et de sacré, mais aussi sur le vieillissement, la finitude de nos vies et le mystère des relations humaines. Rencontre avec un auteur dont l’œuvre est à la fois poétique et engagée…

Mourad Merzouki

Le corps est graphie 

De sa découverte du cirque et de la culture hip-hop à la direction du Centre Chorégraphique national de Créteil, en passant par la création de la compagnie Käfig et la fondation du Pôle Pik, un lieu de création et d’animation culturelle basé à Bron, retrouvez le parcours hors du commun de Mourad Merzouki, l’un des artistes les plus singuliers de la danse contemporaine internationale. Formé au hip-hop dès le plus jeune âge, il a largement contribué à légitimer cette danse urbaine en la faisant accéder aux plus grandes scènes et en la mêlant à d’autres univers artistiques, d’autres cultures, dans des ballets d’une inventivité et d’une modernité absolues.

Thierry Beinstingel | Thierry Hesse

Ultra modernes solitudes 

A travers la relation chaotique de deux frères que tout oppose – l’un est aventureux, l’autre mène une vie bien rangée - Thierry Hesse s’interroge sur la quête du bonheur, le sens de la famille et de la vie professionnelle dans son dernier roman, L’inconscience. Des enjeux que l’on retrouve dans Ils désertent, le nouveau livre de Thierry Beinstingel, avec l’histoire d’amour contrariée entre un VRP menacé de licenciement et sa nouvelle patronne. Entre questionnement moral, solitudes forcées et rêve d’une vie meilleure, deux livres qui, au fil des vies minuscules, dressent aussi le portrait d’un monde en pleine mutation…

Julia Deck | Cécile Guilbert

Deux femmes puissantes 

Une femme en rupture familiale, sentimentale et professionnelle, commet l’irréparable en tuant son psychanalyste. Une autre voit son monde s’écrouler lorsque son compagnon est plongé dans un coma artificiel pour tenter de sortir d’une grave maladie. L’une s’appelle Viviane Elisabeth Fauville, elle est l’héroïne du premier roman de Julia Deck ; l’autre est l’alter ego littéraire de Cécile Guilbert, qui livre avec Réanimation un récit autobiographique particulièrement poignant. Deux portraits de femmes confrontées dans le même temps à la souffrance et au désir de vivre, marquées par la peur du lendemain, le désordre émotionnel et le poids de la culpabilité.

Fabrice Caravaca | Christophe Manon

La poésie en action 

Tour à tour écrivains, éditeurs et lecteurs à voix haute, Fabrice Caravaca et Christophe Manon sont décidément des poètes à part entière. Le premier, auteur d’un magnifique recueil intitulé La Vie, est aujourd’hui responsable des éditions Dernier Télégramme, chez qui fut édité le second, auteur pour sa part de nombreux livres, dont le troublant Testament, écrit en hommage à François Villon… Au terme d’un moment de lectures entremêlées de leurs textes publiés et inédits, les deux écrivains évoquent leurs visions de la poésie contemporaine, leurs démarches d’écriture, mais aussi l’importance de la performance et des voix dans la diffusion de leurs œuvres.

Patrick Clervoy | Anne Nivat | Kevin Powers

C’est la guerre 

Jeune vétéran américain de la Guerre d’Irak, Kevin Powers donne avec Yellow birds un roman magistral sur son expérience de la guerre, de la mort et du retour impossible à une vie « normale ». Un livre qui fait écho au bouleversant journal de bord tenu par le psychiatre Patrick Clervoy pendant sa mission à Kaboul, Dix semaines à Kaboul, ainsi qu’à l’ouvrage de la grand-reporter Anne Nivat sur la Guerre d’Afghanistan, Les brouillards de la guerre, qui dissèque les enjeux humains, politiques et sociétaux d’un conflit durant depuis maintenant dix ans. Trois regards qui éclairent d’une lumière crue la réalité brutale de guerres contemporaines que l’on cherche trop souvent à ignorer…
En partenariat avec l’ESA.

François Cusset | Mathieu Larnaudie

Politique, mode d’emploi 

Que deviennent les utopies et les convictions idéologiques lorsqu’elles se trouvent confrontées au réel ou au temps qui passe ? A cette question, François Cusset et Mathieu Larnaudie répondent par deux romans qui se situent aux deux extrémités du discours politique. Le premier en décrivant, dans A l’abri du déclin du monde, le parcours intellectuel d’une poignée de manifestants qui passent de la révolte à l’acceptation, du « nous » au « je », et de l’espoir à la résignation. Le second avec Acharnement, en mettant en scène les doutes de l’ex plume d’un homme politique de premier plan, qui cherche à écrire le discours parfait alors même que la misère et la souffrance sociale frappent à sa porte…

Thierry Magnier

Un éditeur engagé 

Depuis 15 ans, Thierry Magnier poursuit une démarche éditoriale exigeante et singulière symbolisée par des livres clés et des collections audacieuses. Quinze ans de grandes fiertés, beaucoup de plaisir et quelques inquiétudes mais une détermination sans faille et toujours la même envie. En 2006 il prend la direction d’Actes Sud Junior : mariage de passion car partage d’une même vision, mariage de raison aussi pour résister aux grands groupes d’éditions. Retrouvez-le à l’espace librairie jeunesse et dans des rencontres tout au long du week-end en compagnie de quelques-uns de ses auteurs : Davide Cali, Katy Couprie, Sylvie Deshors, Antonin Louchard, Jeanne Benameur.

Sonia Kronlund | Joy Sorman

Des nouvelles du réel 

Depuis dix ans, Les Pieds sur terre - émission de radio quotidienne produite sur France Culture par Sonia Kronlund - donne la parole à des anonymes. Leurs témoignages aujourd’hui réunis dans un livre éponyme, Les pieds sur terre, dressent un panorama de la société tout en interrogeant le rôle du langage et de la littérature. On retrouve cette dimension documentaire dans le travail littéraire de Joy Sorman qui, après le monde du bâtiment dans Gros œuvre ou son récit sur la Gare du Nord, explore l’univers - a priori peu littéraire -  de la boucherie avec Comme une bête, un roman de chair et de sang écrit à hauteur d’homme. Deux manières de rendre compte du réel, entre légendes vraies et fictions documentées…

Emmanuel Guibert | Jean-Philippe Stassen

Quand la BD dessine le monde 

Pour ces deux scénaristes et dessinateurs, la bande dessinée est un espace ou les petites histoires sont très souvent reliées à la grande… Il en est ainsi pour les biographies graphiques qu’Emmanuel Guibert a consacrées à l’ancien GI Allan Cope ou au reporter-photographe Didier Lefèvre à l’occasion de son périple en Afghanistan, autant que dans les nombreux albums réalisés par Jean-Philippe Stassen après plusieurs voyages en Afrique, où il évoque notamment le Maroc contemporain ou le génocide rwandais. Deux grands noms de la BD d’aujourd’hui qui sont par ailleurs réunis dans l’album Grands reporters, une anthologie des meilleurs reportages en bande dessinée parus au fil des années dans l’excellente revue XXI.

Jeanne Benameur | Sylvie Deshors | Jo Witek

Le roman pour ados 

Trois auteures qui écrivent des romans engagés, exigeants et respectueux pour les jeunes. Si la littérature « ados » fait souvent polémique auprès des parents ou des enseignants, elle sait aussi parler avec tact et force du quotidien, des questionnements, des enthousiasmes et des souffrances propres à cet âge. Et leur donner envie de lire…

Tout public, recommandé aux ados.

 

Iain Levison

La fin du rêve américain 

Ecrivain américain d’origine écossaise, Iain Levison s’affirme comme le témoin incontournable d’une certaine Amérique, celle de la précarité, du chômage et de la misère sociale. Au fil de livres inclassables, qui empruntent autant au genre policier qu’à la comédie sociale, il donne un regard à la fois lucide et drôle sur les dérives d’un pays en plein chaos. De sa propre expérience de travailleur pauvre dans Tribulations d’un précaire, aux vies inventées des perdants magnifiques qui sont mis en scène dans Un petit boulot ou Arrêtez-moi là !, sa galerie de portraits au vitriol nous rappelle parfois la cruauté ironique de Donald Westlake, mais aussi l’humour et l’humanité du cinéaste britannique Ken Loach. Un cocktail détonant !

Abdellah Taïa

Au nom de la mère 

En suivant pas à pas le destin de deux femmes confrontées à la marginalisation et la violence des sociétés marocaine et libanaise, Abdellah Taïa et Hyam Yared offrent une réflexion sur la condition féminine, le rapport à la religion, la marchandisation des corps et les enjeux de la filiation. Ils évoquent aussi la quête identitaire et spirituelle de Hala et Slima, leurs deux héroïnes contemporaines, dont les parcours semblent emprunter à la tragédie grecque. Infidèles et La Malédiction sont deux romans de résistance, pétris de poésie et de révolte, à la fois radicaux et courageux, qui montrent combien les destins individuels sont dépendants de l’environnement familial, politique et historique qui les détermine. 

Matthieu Remy | Héléna Villovitch

Leurs amis, leurs amours, leurs emmerdes 

Et si la nouvelle était finalement le genre le plus à même de décrire le désordre de notre temps ?  C’est le parti pris littéraire de Matthieu Rémy et Héléna Villovitch, dont les recueils de textes courts constituent de puissants miroirs de notre époque en s’intéressant aux amis, aux amours et aux emmerdes des représentants des générations X et Y… Du quotidien de ces personnages confrontés à la précarité amicale, amoureuse, familiale, professionnelle, immobilière, financière et spirituelle, les deux auteurs donnent avec Camaraderie et L’immobilier des livres en fragments, résolument modernes, aux allures de manifeste générationnel.

Myriam Revault D'Allonnes

Crise multiple 

Spécialiste de philosophie morale et politique, Myriam Revault d’Allonnes poursuit depuis de nombreuses années un travail passionnant sur notre époque, à travers des essais majeurs comme Pourquoi nous n’aimons pas la démocratie, ou La crise sans fin, dans lequel elle dissèque les caractéristiques de la crise actuelle, dont la particularité est d’être à la fois multiple (économique, culturelle, environnementale, familiale) et durable. Une crise qui paralyse le temps présent et annihile l’anticipation d’un avenir meilleur en dévalorisant les notions de progrès, de conquête ou d’utopie. Un entretien avec une grande figure de la pensée et de la philosophie contemporaines…

François Begaudeau | Lionel Tran

Comment je me suis disputé… (ma vie politique) 

François Bégaudeau et Lionel Tran reviennent sur leurs parcours politiques et artistiques à travers deux livres qui sont à la fois des romans d’apprentissage et des autobiographies critiques. Dans Deux singes ou ma vie politique, le premier évoque l’héritage communiste de sa famille, les exaltations militantes et adolescentes, puis la punk attitude, le statut d’écrivain… Dans No Présent, Lionel Tran relate un parcours débuté dans une HLM de la région lyonnaise auprès d’une mère soixante-huitarde, poursuivi au début des années 90 par la création d’un squat d’artistes décadent, puis par la découverte  de l’écriture comme possible recours contre sa dérive.

Christian Garcin | Fabrice Humbert

Un monde sans frontières 

Dans Les nuits de Vladivostok, Christian Garcin nous mène de Moscou à New-York en passant par Vladivostok, au fil d’un vrai faux roman d’espionnage détournant les codes du genre  - mafias, trafics, inspecteur et malfrats en cavale – pour livrer au final un regard très aiguisé sur le monde contemporain, en particulier sur la Chine et la Russie. Une approche qui trouve une résonance dans Avant la chute, dans lequel Fabrice Humbert déploie une intrigue haletante suivant le chemin de la drogue, des champs de coca colombiens à la banlieue française en passant par la fameuse frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Une vision sans concession de la mondialisation galopante dans ce qu’elle implique de pire…

Davide Cali | Katy Couprie | Antonin Louchard

Nous sommes... 

Au jardin, A table !, Tout un Louvre, Tout un monde… sont quelques-uns des immenses succès co-signés K. Couprie et A. Louchard. Ils ont aussi chacun une œuvre personnelle pleine de fantaisie et d’humour comme Je suis le petit dernier d’Antonin Louchard ou Le dictionnaire fou du corps de Katy Couprie, deux livres qui séduiront toutes les générations. Davide Cali auteur prolixe  vient de publier 10 petits tanks, un album de circonstance… Venez retrouver en famille le bonheur de partager des images et des histoires.

Tout public, recommandé petite enfance et jeunes parents.

Christos Chryssopoulos | David Trueba

Le déclin de l’empire européen 

Quand deux écrivains qui sont aussi journalistes, essayistes, scénaristes et réalisateurs tentent de rendre compte de la réalité sociale de la Grèce et  l’Espagne, deux  pays durement touchés par la crise qui frappe l’Europe… Après avoir donné plusieurs romans sur la mémoire et les héritages culturels de la Grèce contemporaine, Christos Chryssopoulos a décidé de renoncer à la fiction pour relater, dans Une lampe entre les dents - Chronique athénienne, la paupérisation de la population à travers le quotidien des SDF de la capitale grecque. Dans la lignée de plusieurs reportages et documentaires, David Trueba en vient lui au roman pour explorer la crise de la société espagnole avec Savoir perdre, un livre choral mettant en scène les déboires d’une famille madrilène soudainement confrontée à la déchéance de ses valeurs.En partenariat avec l’Institut Cervantès. 

Emmanuelle Pireyre | Nathalie Quintane

A la recherche du temps présent 

Toutes deux nourries de l’écriture poétique dans sa dimension expérimentale, Emmanuelle Pireyre et Nathalie Quintane dynamitent le genre romanesque dans deux livres mosaïques, qui constituent moins des histoires linéaires que des accumulations d’idées, de réflexions philosophiques, de micro-fictions et de fables morales. Féérie générale et Crâne chaud sont des sarabandes joyeuses et érudites qui tentent de capter les élans contradictoires de notre époque par une multitude de références à la culture noble et aux médias de masse, à des personnages inventés et à des figures réelles, parmi lesquelles l’ex star du porno - désormais animatrice radio – Brigitte Lahaie.

Emmanuel Guibert

Ariol, c'est moi ! 

Ariol est une star. La preuve, il a un site internet officiel sur lequel tu peux devenir son copain, il fait de la télé, il a une page sur Wikipédia. Ariol est un petit âne bleu qui aime ses parents, le foot, et le Chevalier Cheval mais pas trop l’école. Emmanuel Guibert raconte ses aventures en s’inspirant pas mal de sa vie, Marc Boutavant le dessine. Tout le monde dans la famille l’aime. Rencontre avec son créateur.

Tout public.

Aurélien Bellanger | Pola Oloixarac

Les romans du 21ème siècle 

Pour leurs premiers romans, le Français Aurélien Bellanger et l’Argentine Pola Oloixarac frappent un grand coup avec des livres ambitieux, protéiformes, qui empruntent autant à la littérature qu’à la philosophie, à la sociologie, à la théorie politique et aux nouveaux médias pour rendre compte d’une époque révolue – la fin du 20ème siècle – et préparer le passage au nouveau millénaire… On retrouve, dans La théorie de l’information autant que dans Les théories sauvages, un savant mélange de genres qui permet à ces deux auteurs prometteurs de poser un regard sur une société en pleine (r)évolution, avec une attention particulière aux conséquences des mutations technologiques sur nos vies quotidiennes.

Antoine Choplin | Lionel Duroy

Il était une fois dans l’Est 

Dans L’hiver des hommes, Lionel Duroy met en scène l’enquête d’un écrivain français auprès des Serbes de Bosnie pour tenter de comprendre le conflit qui a ensanglanté l’ex Yougoslavie à la fin des années 90. Antoine Choplin, lui, décrit le retour d’un homme dans la ville de Pripiat, située dans la zone sinistrée de Tchernobyl, entre souvenirs intimes des habitants et stigmates humains ou environnementaux de la catastrophe nucléaire. Deux romans qui allient la recherche documentaire à la création romanesque pour tenter de remonter aux racines du mal et de cerner les enjeux de deux évènements majeurs qui, avec la chute du Mur de Berlin, constituent les jalons incontournables et décisifs de l’histoire européenne de la fin du 20ème siècle.

Patrick Deville

Peste & Choléra 

Patrick Deville poursuit sa magistrale entreprise littéraire en partant sur les traces d’Alexandre Yersin, un personnage hors du commun, pasteurien de la première heure, qui fut le premier à découvrir le bacille de la peste. Tout à la fois explorateur, scientifique, marin, aventurier et médecin, Yersin avait tout pour fasciner Patrick Deville, qui trouve là un héros à la démesure de son projet fou de « Tour du monde romanesque à hauteur de l’équateur » entamé avec Pura Vida, Equatoria et Kampuchéa. Un livre, couronné du Prix Femina en 2012, qui prouve la capacité du « roman d’invention sans fiction » à embrasser la complexité historique, géographique et scientifique du monde moderne…

Claude Arnaud | Martine Boyer-Weinmann | Benoît Peeters

Les secrets du biographe 

Deux biographes de renom, Claude Arnaud et Benoît Peeters, évoquent les enjeux de la biographie littéraire en compagnie de Martine Boyer-Weinmann, universitaire spécialiste de ce genre, qui explore dans La Relation biographique le rapport complexe qui se noue entre un biographe et le sujet de son étude : sa vie, son œuvre et la mythologie qui l'accompagne. Une discussion qui sera notamment consacrée aux biographies « officielles » de Chamfort, Cocteau, Hergé et Jacques Derrida...

Animé par Thierry Guichard.

 

Organisé en partenariat avec Le Matricule des Anges, Médiat Rhône-Alpes et la Médiathèque Départementale du Rhône.

Destiné en priorité aux professionnels du livre Ouvert au public dans la limite des places disponibles. Sur réservation. Programme complet de la journée.

Stéphane Servant

Le coeur des louves 

« Dans une nature isolée et sublime, Célia, petite-fille de « sorcière », veut déjouer la malédiction qui accable sa famille. Difficile de résister au charme de ce conte vénéneux, dense et addictif, à ce foisonnant roman d’initiation plein de fureur mais aussi de sagesse. Inutile de vouloir ordonner le chaos du monde, juste écouter la nature et y trouver sa place. Ne pas chercher à tout comprendre »
MMichel Abescat, Télérama).

Paola Pigani

N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures 

Les lycéens invitent.
C’est à travers les yeux d’Alba, une jeune Tsigane qui a 14 ans en 1940, que Paola Pigani met au jour un pan méconnu de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, à savoir l’internement dans des camps alliés de toutes les populations nomades françaises : vagabonds, sans domicile fixe, mais aussi Manouches, Tsiganes… Un internement d’une grande violence, que Paola Pigani montre avec réalisme et pudeur, tout en révélant la force de vie qui anime ses personnages malgré les terribles conditions de vie auxquelles ils étaient soumis. 

Animé par Chantal Wiart.

  

Florence Seyvos

Le garçon incassable 

Les lycéens invitent.
Le garçon incassable, c’est Buster Keaton, un jeune homme maltraité par son saltimbanque de père qui deviendra un acteur mondialement connu pour des films à la fois burlesques et poétiques. C’est aussi Henri, le frère de la narratrice, un enfant « différent » que la maladie mentale rend vulnérable, mais dont le corps ne craque pas. De ces parcours parallèles, Florence Seyvos tire un roman splendide qui parle d’enfance blessée, de rédemption et de tolérance.

Philippe Fusaro

Le colosse d’argile 

Les lycéens invitent.
Avec cette biographie romancée du boxeur italien Primo Carnera, Philippe Fusaro donne une variation littéraire au Raging bull de Martin Scorsese, avec un personnage réel dont la vie est un véritable roman : athlète hors norme, symbole malgré lui de l’Italie mussolinienne, champion déchu, acteur de seconde zone, bête de foire, fils prodigue d’un pays en crise… Philippe Fusaro évoque ce destin inouï entre fiction et réalité, ouvrant une nouvelle réflexion sur les motifs récurrents de son œuvre que sont la migration, l’exil, et le rapport aux origines.

Animé par Martine Laval.

Hugo Boris | Martine Boyer-Weinmann | Bertrand Leclair

De la biographie au roman  

Les livres qui mêlent le matériau biographique et la fiction littéraire se multiplient ces dernières années : bio-fictions, hypothèses biographiques, vies romancées… Un mélange des genres symbolisé par Hugo Boris et ses Trois grands fauves (Danton, Churchill et Hugo), mais aussi par Bertrand Leclair (autour de Paul Gauguin), dont les nouveaux romans se situent à la frontière du réel et de l’invention. Mais peut-on véritablement jouer avec la vérité sans la trahir ? L’écriture romanesque permet-elle de raconter une vie avec plus de justesse et de complexité ?

Animé par Thierry Guichard.

 

Organisé en partenariat avec Le Matricule des Anges, Médiat Rhône-Alpes et la Médiathèque Départementale du Rhône.

Destiné en priorité aux professionnels du livre. Ouvert au public dans la limite des places disponibles. Sur réservation. Programme complet de la journée.

Maylis de Kerangal | James Meek

A cœur ouvert 

À la fois organe vital, muscle et siège des émotions, le cœur (et ses mystères) est au centre des livres de Maylis de Kerangal et James Meek. Dans Réparer les vivants, la première dissèque les ondes de choc qui suivent l’accident d’un adolescent dont le cœur sera donné pour une greffe ; dans Le cœur par effraction, le second ausculte les rapports de force familiaux quand l’un des membres enfreint la loi…  Deux grands romans modernes qui parlent du bien et du mal, de la fidélité et de la trahison, mais aussi de la vengeance, de l’identité, des croyances contemporaines et des illusions perdues !

Animé par Hubert Artus.

Sylvie Germain | Michel Gribinski

Trouver sa place 

Lili, personnage de Petites scènes capitales de Sylvie Germain, est née dans l'après-guerre et grandit tant bien que mal sans mère. Elle tente de comprendre l'énigme de sa disparition tout en cherchant sa place au sein d'une famille recomposée autour d'un secret. Dans son essai, Qu'est-ce qu'une place ?, le psychanalyste Michel Gribinski pose différentes questions essentielles et vitales : Comment trouver sa place, être à la bonne place  - ou changer de place - pour ne pas avoir le sentiment d'être passé à côté de son existence ?

Animé par Maya Michalon.

Michel et Monique Pinçon et Pinçon-Charlot

L’indécence ordinaire 

Dans La violence des riches, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot poursuivent la recherche qu’ils ont entamée il y a près de quinze ans sur les classes sociales dominantes, en analysant les caractéristiques de la violence qui pèse sur les classes populaires dans une société française en pleine crise. Un essai qui montre avec beaucoup de radicalité la responsabilité de ceux qui ont le pouvoir, en particulier le monde de la finance, le personnel politique et la grande bourgeoisie… 

Avec la participation de Marion Montaigne pour sa BD préfacée par les deux sociologues, Riche, pourquoi pas toi ? (Dargaud)

Animé par Michel Abescat.

Stéphane Bouquet | James Sacré

Le sentiment du monde 

Deux poètes de générations différentes qui, chacun à leur manière, écrivent les lieux et les corps, le sentiment amoureux et l’inquiétude d’être au monde en assumant une certaine forme de lyrisme. Une poésie du sentiment, marquée par une langue en perpétuelle recherche, qui passe souvent par une évocation de la solitude et de la mélancolie, en particulier dans des univers (l’Amérique, les métropoles modernes, les grands espaces) qui remettent en cause la place de l’individu et sa relation à l’autre.

Animé par Thierry Guichard.

Sorj Chalandon | Jean Hatzfeld

Après la guerre 

Après avoir été l’un et l’autre grands reporters pendant de nombreuses années, Sorj Chalandon et Jean Hatzfeld ont finalement choisi la littérature pour rendre compte de la violence des guerres et des enjeux humains, politiques ou intimes de ces conflits. Grâce à leurs personnages, ils questionnent l’absurdité de l’histoire, la cruauté des hommes, mais aussi la peur des civils, l’embrasement des haines, le rôle des journalistes et l’impossible oubli de ceux qui ont vécu le pire. Est-ce possible de revenir à la vie après des expériences aussi extrêmes que les massacres de Sabra et Chatila ou le siège de Sarajevo ?

Animé par Christine Ferniot.

Thomas Clerc | Philippe Vasset

Itinéraires bis 

Après avoir arpenté le 10ème arrondissement de Paris, Thomas Clerc nous propose dans Intérieur une singulière exploration de son appartement personnel, entre description minutieuse, poésie de l’espace et partie de Cluedo… Un rapport à l’esprit des lieux qui occupe Philippe Vasset depuis ses premiers livres, avec un goût particulier pour les zones en friche, les immeubles interdits et autre usines désaffectées que les personnages de La conjuration explorent à la manière d’Arsène Lupin ou Fantômas. Deux manières d’habiter poétiquement la ville qui redonnent aux choses vues (et revues) leur épaisseur originelle !

Animé par Catherine Lorente.

Tatiana Arfel | Nina Bouraoui

Quand j’étais normal 

Deux personnages trop normaux, « standard » pour Nina Bouraoui et « normopathe » pour Tatiana Arfel, se mettent en danger pour échapper à une existence sans panache, faite de solitude, de conformisme et de lâcheté. Dans les deux cas, des antihéros dont le quotidien est bouleversé par un grain de sable - une rencontre, un souvenir, un rêve inachevé - et qui remettent en cause leurs habitudes de vie pour espérer une seconde chance. Au risque de tout perdre…

Animé par Maya Michalon.

Fatoumata Keita

Le Mali entre tradition et modernité 

À travers l’histoire d’une jeune femme qui se voit rattrapée par certaines pratiques traditionnelles – l’excision et la polygamie –  Fatoumata Keita offre une réflexion sur la liberté individuelle, la condition des femmes au Mali et la lutte entre le respect des traditions et l’aspiration à un autre mode de vie.

Animé par Martine Laval. 

Rencontre organisée en partenariat avec l’association MALIRA.

Hubert Lucot | Paul Otchakovsky-Laurens

J’écris donc je vis 

Depuis la parution de Langst, en 1984, Hubert Lucot publie ses textes aux éditions POL, une maison d’édition créée il y a tout juste trente ans par Paul Otchakovsky-Laurens. Une fidélité qui a permis à l’un des écrivains majeurs de la littérature française contemporaine de construire en toute liberté une œuvre impressionnante et singulière, dont le dernier volume, intitulé Je vais, je vis, répond à l’un de ses premiers textes, Autobiogre d’A.M 75, déjà consacré à la femme aimée. Rencontre avec un auteur hors norme, et l’un des grands éditeurs contemporains.

Animé par Eric Fitoussi.

Florence Seyvos | Mariapia Veladiano

Des enfants imparfaits 

Dans La vie à côté Mariapia Veladiano met en scène l’enfance blessée de Rebecca, que la laideur isole, dans une famille italienne corrompue par le mensonge. Elle s’initie au piano, et découvre au bout de ses doigts un autre langage, une autre vie possible… La narratrice du Garçon incassable de Florence Seyvos, entremêle les portraits de deux personnages à l’enfance meurtrie : l’acteur Buster Keaton, dont la figure ravive le souvenir poignant d’Henri, son frère « au développement mental interrompu». Deux romans où les trajectoires des personnages sont infléchies et transcendées par la différence.

Bruno Doucey

La poésie est un sport de combat 

Dans S’il existe un pays, Bruno Doucey revient sur l’ensemble de ses déplacements, de ses rencontres, de ses joies et de ses indignations. De l'évocation de Césaire, Lorca ou Ritsos, mais aussi des lieux comme Haïti, New York, le Québec, la Grèce ou la Nouvelle-Calédonie, ce livre incarne la ligne éditoriale de sa maison : engagement et lyrisme, révolte et présence au monde… Rencontre avec un homme pour qui la poésie est aussi un sport de combat !

Animé par Sylvain Fourel.

Benjamin Flao | Olivier Jouvray | Sylvain Lapoix | Marion Montaigne

La Revue Dessinée 

Née en septembre 2013 sous l’impulsion d’auteurs de bande dessinée et de journalistes d’investigation, La Revue Dessinée est une publication mensuelle qui propose des reportages, enquêtes et chroniques avec les outils de l’écriture BD. Une manière singulière, à la fois rigoureuse et inventive, d’aborder des sujets aussi divers que le trafic d’armes, la vie aux Jardin des Plantes ou la polémique autour du gaz de Schiste… Un journaliste et deux auteurs de BD nous expliquent comment le dessin peut aussi nous aider à comprendre le monde contemporain !

Animé par Jean-Louis Musy.

Alaa El Aswany

Egypte, histoire secrète 

Dentiste au Caire, il est l’un des acteurs principaux de la révolution égyptienne de 2011, et en devient un témoin privilégié pour le reste du monde, grâce notamment à ses Chroniques de la révolution égyptienne (Actes Sud 2012). Ses romans, de L’immeuble Yacoubian à L’automobile club d’Egypte, évoquent l’histoire et la société égyptienne au fil des années, à travers les mutations religieuses, politiques et intimes d’un pays en perpétuelle transformation. Dans ce dernier, il  évoque l’Égypte des années 40 au moment de l’arrivée de l’automobile, dans un club où l’inégalité sociale fait écho aux dérives de la société égyptienne d’aujourd’hui.

Animé par William Irigoyen.

Gérard Dhôtel | Bruno Doucey | Murielle Szac

Ceux qui ont dit non 

Depuis toujours, il y a dans le monde des hommes et des femmes qui ont su dire non. Ils ont eu le courage de se révolter, faisant ainsi triompher la liberté, la justice ou simplement un pan d'humanité. Les livres de cette collection s'attachent à raconter ces personnages de façon romancée. Les auteurs, passionnés par leurs héros, nous font revivre leur engagement de l'intérieur. Derniers titres parus : Non à l'indifférence, collectif, Gisèle Halimi : Non au viol de Jessie Magana, Sophie Scholl : Non à la lâcheté de Jean-Claude Mourlevat, Nelson Mandela : Non à l'apartheid de Véronique Tadjo.

Animé par Maya Michalon.

Thomas B. Reverdy | Philippe Fusaro

Éloge de la fuite 

Dans Aimer fatigue, Philippe Fusaro nous mène dans la mythique ville de Tanger sur les traces d’un écrivain en déroute (Tennessee Williams ?) qui rencontre, dans un étrange palace, une actrice de péplum sur le déclin et un espion italien de seconde zone. Dans Les évaporés, Thomas B. Reverdy nous transporte dans un Japon marqué par la crise, les catastrophes naturelles et nucléaires, le règne de la corruption et de la mafia, à la suite de Richard B. (Richard Brautigan ?), qui enquête sur l’ «évaporation» d’un membre de sa famille… Un double éloge de la fuite qui se situe dans des lieux marqués par l’histoire, et dans des romans pétris de références littéraires et cinématographiques !

Animé par Michel Abescat.

Jean-Christophe Bailly | Gilbert Vaudey

La rêverie des promeneurs solitaires 

Né à Lyon et fin connaisseur de sa ville, Gilbert Vaudey propose dans Le nom de Lyon une promenade au cœur des lieux incontournables et des endroits secrets de la capitale des Gaules, promenade qui prend souvent des allures d’autoportrait en creux. Une démarche que Jean-Christophe Bailly applique à de nombreuses cités du monde – en particulier Paris – en auscultant les réalités historiques, architecturales et humaines des villes, entre approche sensible et décryptage des langages urbains. Deux auteurs qui font de la flânerie une méthode d’appréhension du monde et de la littérature…

Animé par Thierry Guichard.

Julie Bonnie | Julien Delmaire

Les illusions perdues 

Georgia, une jeune artiste-peintre dont les rêves de gloire se sont évanouis en même temps qu’elle tombait dans la drogue et la prostitution ; Venance, un clandestin sénégalais dont le désir d’exil se transforme en drame de l’immigration ; Béatrice, une ex danseuse de cabarets devenue aide puéricultrice qui ressasse son passé intense et marginal tout en méditant sur la procréation, l’accouchement et la maternité, une expérience douloureuse pour elle... Trois anti-héros contemporains dont les destins s’écrivent entre rêve et réalité, quête du bonheur et illusions perdues, dans une langue musicale et charnelle…

Animé par Hubert Artus.

Loïc Merle | Gaëlle Obiegly

Extension du domaine de la lutte 

À travers les périples d’une journaliste qui tente de comprendre la complexité de la nature humaine en réalisant des reportages plus étranges les uns que les autres, Gaëlle Obiegly donne un grand livre, engagé et fantaisiste, sur le monde d’aujourd’hui. Une réalité contemporaine que Loïc Merle essaie de capter avec les portraits de trois personnages en prise avec la « crise des banlieues » : un vieux maghrébin malmené par la police, une jeune féministe qui veut changer le monde, et un Président de la République en fuite… Deux livres d’une grande inventivité, modernes, politiques et résistants !

Animé par Catherine Lorente.

Leonora Miano | Paola Pigani

Êtres sans destins 

Dans La saison de l'ombre, Leonora Miano évoque les conséquences de la traite négrière en donnant la parole à ceux qui l’ont subie dans leur chair et qui ont été contraints de vivre dans la perte. Paola Pigani met en scène, dans N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures, l'internement des Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale en faisant entendre la voix de ceux qui en furent victimes. Deux drames de l’histoire qui ont contraint les hommes à s'arracher à leur destinée et à vivre la douleur de la discrimination, du déracinement ou de la déportation.

Animé par Maya Michalon.

Éric Chevillard | Pierre Jourde

Plan B 

Dans La Première pierre, Pierre Jourde évoque la réaction violente des habitants du village qu’il avait décrit dans son précédent roman, Pays perdu, en interrogeant les conséquences de l’écriture romanesque et la liberté de l’écrivain à se nourrir de la vie des autres. Une réflexion sur les pouvoirs de la littérature que l’on retrouve dans l’œuvre d’Eric Chevillard à travers une grande inventivité formelle, que ce soit dans les fragments de L’Autofictif en vie sous les décombres  ou dans l’abécédaire du Désordre Azerty… Deux romanciers et critiques qui montrent que la littérature est à elle seule un plan B !

Animé par Thierry Guichard.

Saleh Diab | Geneviève Vidal

La poésie, la peinture et l’exil 

Les recueils de Saleh Diab évoquent  très souvent les origines, l’exil et le paradis perdu, dans une langue à la fois simple et travaillée. Geneviève Vidal aime relier son travail poétique à d’autres arts, en particulier la peinture, comme c’est le cas dans Soulages / Variations où ses poèmes entrent en résonance avec les dessins de Pierre Lacôte, eux-mêmes inspirés par l’exposition Soulages du Musée des Beaux-Arts de Lyon (2012).

Animé par Yann Nicol.

Marianne Alphant | Chantal Thomas

La face cachée du 18ème siècle 

Dans Ces choses-là, Marianne Alphant propose une exploration buissonnière du 18ème siècle par les détails et les angles morts de l’histoire. Un siècle de paradoxes, à la fois celui du sexe et de la mort, de Fragonard et de la guillotine, qui sert aussi de cadre à L’échange des princesses, le nouveau roman de Chantal Thomas. Spécialiste de Sade et Casanova, elle explore elle aussi ce grand siècle par les secrets d’alcôves, en mettant au jour cet incroyable épisode de l’histoire de France où deux jeunes princesses sont échangées pour des raisons politiques. Des romans historiques d’une infinie érudition qui disent aussi beaucoup de notre temps présent…

Animé par Michel Abescat.

Eduardo Berti | Hakan Günday

Vers un réalisme magique  

Deux écrivains étrangers (et francophones) dont les livres présentent de nombreux points communs : un regard sur l’histoire intime et familiale inscrite dans l’Histoire avec « une grande hache » de la Turquie et de l’Argentine ; une écriture aux allures de réalisme magique qui mêle un regard très précis sur le réel en se tenant en permanence à la lisière du fantastique ; une inscription dans une tradition littéraire précise - Louis Ferdinand Céline et Oğuz Atay pour Hakan Günday, Jorge Luis Borges et Julio Cortazar pour Eduardo Berti. Rencontre avec deux grands auteurs, plébiscités dans leur pays respectifs… 

Animé par Hubert Artus.

Frédérik Mansot

L'homme qui dessinait les arbres 

Artiste en résidence sur le tournage du film de Luc Jacquet Il était une forêt, sur les traces du botaniste Francis Hallé, Frédérick Mansot a ramené un album magnifique tant par ses textes que ses illustrations mais aussi beaucoup d'anecdotes. Quelques semaines dans les forêts du Gabon, sur le tournage d'un film, laissent en effet forcément pas mal de souvenirs. Il veut bien les partager avec vous, histoires, petits films, lecture...

Animé par Cédric Chaffard.

À partir de 7 ans.

Julie Bonnie | Éric Chevillard

Fallait oser 

Un auteur et une chanteuse connus et reconnus qui osent (enfin) la littérature jeunesse. Dans La ménagerie d'Agathe, Eric Chevillard fait l'inventaire des jouets de sa fille qui ferait bien de se méfier : ses compagnons de jeu si innocents, si doux, si malléables sont, dans la réalité, des êtres sauvages parfois terribles et indomptables. Julie Bonnie elle, dit qu'elle a besoin des lutins pour s'endormir presque tous les soirs. On ne s'étonnera donc pas que son premier livre se passe une nuit, dans une chambre à coucher, avec un petit frère et une grande soeur qui n'arrivent pas à s'endormir... Un road trip délirant au pays des songes commence alors pour eux...

Animé par Maya Michalon.

À partir de 6 ans

Denis Podalydès | Sylvie Testud

Rôles de composition 

Dans Fuir Pénélope, Denis Podalydès décrit les débuts d’un jeune comédien dont le premier film, réalisé par un cinéaste débutant, s’avère être un douloureux baptême du feu. Un récit de formation, inspiré de son propre parcours, qui fait écho au roman de Sylvie Testud, C’est le métier qui rentre, dans lequel elle met en scène une actrice dont le passage à la réalisation vire au cauchemar… Deux romans qui nous mènent dans les coulisses du 7ème art, entre rêves de gloire et expérience cauchemardesque, apprentissage du métier et fuite en avant, fascination pour le cinéma et dépit amoureux. Moteur !

Celia Levi | Shumona Sinha

Cahier d’un retour au pays natal 

Dans Calcutta, Shumona Sinha met en scène un personnage aux allures d’alter ego qui retourne dans son Bengale natal à l’occasion de la crémation de son père. Elle y retrouve les lieux de son enfance, ainsi qu’une histoire familiale qui illustre les dérives d’un pays marqué par la violence politique… Dans Dix Yuans un kilo de concombres, c’est la Chine contemporaine que Celia Levi ausculte à travers le destin d’un homme tentant de survivre dans un quartier pauvre de Shanghaï, tandis que les programmes immobiliers, symboles du « miracle économique chinois », fleurissent à tous les coins de rue. 

Animé par Christine Ferniot.

Jörn Cambreleng | Sylvie Protin | Katrin Thomaneck

Traduire, pour quoi faire 

À travers les initiatives du Collège International de Traduction Littéraire (des résidences de traducteurs venus du monde entier, des évènements autour de la traduction, des développements à l’international), de la Société Européenne des Auteurs (création d’une plateforme de traduction coopérative, soutien et enrichissement de la traduction d’oeuvres littéraires) et de l’Université Lyon 2, Jörn Cambreleng, Sylvie Protin et Katrin Thomaneck évoquent les enjeux éditoriaux, commerciaux, esthétiques et politiques de la traduction littéraire dans le monde contemporain.

Bernard Hoepffner | Georges Tyras

Traduire, comment faire 

Deux traducteurs de la région Rhône-Alpes échangent sur les enjeux de la traduction littéraire en langues anglaise et espagnole à partir des ouvrages récents de Martin Amis, Manuel Vasquez Montalban ou Alfons Cervera, mais aussi sur les nouvelles traductions d’écrivains classiques comme Mark Twain ou James Joyce. Avec, à la clé, de nombreuses interrogations liées aux différentes pratiques : Traduire, est-ce forcément trahir ? Une traduction se démode-t-elle ? Un traducteur est-il, d’une certaine manière, un écrivain ?

Patrick Deville | José Manuel Fajardo | Roberto Ferrucci

Un auteur, ses traducteurs 

Rencontre entre un écrivain français, Patrick Deville, dont le nouveau roman, Viva, a paru en 2014, et deux de ses traducteurs vers des langues étrangères : Roberto Ferrucci pour l’italien et José Manuel Fajardo pour l’espagnol. Une plongée dans les mécanismes de la traduction littéraire qui pose la question de la fidélité, de la liberté, de la collaboration entre un auteur et ses traducteurs, mais aussi de la transposition, vers une autre langue, d’un style, d’un univers ou d’un système de références propres à chaque oeuvre…

Hubert Mingarelli

Les lycéens invitent Hubert Mingarelli 

Comme souvent dans les romans d’Hubert Mingarelli, Un repas en hiver met en scène des soldats plongés dans la fureur de la guerre, en l’occurrence la Seconde Guerre mondiale. Alors qu’ils doivent livrer un prisonnier juif à leur supérieur, le temps suspendu d’un repas (et l’irruption d’un Polonais furieusement antisémite) va conduire les trois Allemands à fraterniser avec l’ennemi. De cette rencontre naît une multitude d’interrogations sur le devoir, l’honneur, l’humanisme, la désobéissance, le libre arbitre, mais aussi sur la violence des conflits et la folie des hommes.Comme souvent dans les romans d’Hubert Mingarelli, Un repas en hiver met en scène des soldats plongés dans la fureur de la guerre, en l’occurrence la Seconde Guerre mondiale. Alors qu’ils doivent livrer un prisonnier juif à leur supérieur, le temps suspendu d’un repas (et l’irruption d’un Polonais furieusement antisémite) va conduire les trois Allemands à fraterniser avec l’ennemi. De cette rencontre naît une multitude d’interrogations sur le devoir, l’honneur, l’humanisme, la désobéissance, le libre arbitre, mais aussi sur la violence des conflits et la folie des hommes.

Jérôme Ferrari | Laurent Mauvignier

Une place dans le monde 

Dans Autour du monde, Laurent Mauvignier évoque le séisme qui a ravagé le Japon le 11 mars 2011 en suivant l’onde de choc de cette catastrophe dans les histoires minuscules de personnages disséminés aux quatre coins du monde. Avec Le Principe, Jérôme Ferrari se penche sur le fameux principe d’incertitude d’Heisenberg, l’un des fondements de la physique quantique, pour tenter d’éclairer les mystères de notre place dans le monde. Deux écrivains qui construisent des oeuvres majeures, à la frontière du réel et du mythe, à la fois ancrées dans le présent et tendues vers l’universel.

Pierre Dardot | Christian Laval

Qu'est-ce qu'on a en commun ? 

Respectivement philosophe et sociologue, Pierre Dardot et Christian Laval travaillent depuis de nombreuses années sur l’oeuvre de Marx et la critique du néolibéralisme. Avec leur nouvel essai, Commun, sur la révolution au XXIème siècle, ils s’interrogent sur la façon dont ce concept peut constituer une alternative dans tous les domaines de la société : la démocratie participative, la gestion des ressources, les luttes sociales. Une réflexion aux allures d’utopie révolutionnaire, qui prend racine dans l’échec du communisme d’Etat en proposant un nouveau mode d’action commune…
Manifetation précédée par le lancement du Printemps des Poète.

Jacques Réda

La poésie en mouvement 

Depuis plus de quarante ans et la parution de son premier recueil, Amen, Jacques Réda construit l’une des oeuvres poétiques les plus importantes de notre temps, oscillant entre le vers et la prose, le déplacement et l’introspection, les hommages aux grands anciens et la définition de son propre « sentiment du monde ». La parution du troisième volet de La physique amusante, dans lequel il explore notamment les mystères de la création, est l’occasion de revenir sur le parcours d’un écrivain incontournable, lauréat du Prix Goncourt de la Poésie en 1999.
Rencontre précédée, à 10h30, par le lancement de la 17ème édition du Printemps des Poètes (7 au 14 mars 2015), en présence de Thierry Renard, directeur de l’Espace Pandora, et des comédiens des « Brigades poétiques ».

Tatiana Arfel | Sylvain Pattieu | Tristan Thil

L'écrivain, un porte-voix ? 

Trois artistes qui se frottent à des réalités sociales complexes et qui, par le prisme de leur oeuvre, tentent de redonner une voix à ceux qui n’en ont pas. De l’univers d’un hôpital psychiatrique exploré par Tatiana Arfel, à la lutte des ouvriers de Florange mise en scène par Tristan Thil, en passant par le quotidien des employés d’un petit institut de beauté parisien dont Sylvain Pattieu rend compte dans son nouveau récit, une même préoccupation : saisir à vif la façon dont la société actuelle broie les individus, et rendre hommage aux vertus du collectif… 

Olivier Rolin | Éric Vuillard

La mémoire des vaincus 

En abordant les parcours extraordinaires de deux personnages « ayant existé » – Buffalo Bill, l’inventeur du Wild West Show, le premier spectacle de masse qui revisite en temps réel la conquête de l’Ouest américain, et Alexeï Féodossevitch, l’une des nombreuses victimes du régime totalitaire soviétique – Éric Vuillard et Olivier Rolin mêlent les faits réels et l’invention romanesque pour rendre compte de la réalité intime de leurs « personnages » autant que de la place symbolique qu’ils tiennent dans l’histoire de leurs pays respectifs, les Etats-Unis et la Russie. Deux grands livres qui montrent aussi que la mémoire collective est souvent celle des vainqueurs…

 

Antoine Choplin | Dov Lynch | Hubert Mingarelli

La guerre dans le viseur 

Dans Mer noire, Dov Lynch met en scène un ancien soldat de l’IRA qui traverse l’Europe pour partir à la recherche de son frère disparu quelque part dans le Caucase, un « road movie » qui le conduira d’une guerre à l’autre. C’est aussi la guerre à hauteur d’homme qui traverse l’oeuvre d’Hubert Mingarelli : son nouveau roman La route de Beit Zera, dit le désarroi d’un père israélien et de son fils éprouvés par les fautes commises par leurs aînés dans le conflit israélo-palestinien. Dans L’Incendie écrit avec Antoine Choplin, les deux écrivains imaginent une correspondance entre deux hommes pris dans la tourmente de la guerre en ex-Yougoslavie, qui a bouleversé leur existence. 

Christophe Dabitch | Christian Durieux | Benjamin Flao | Piero Macola | Guillaume Trouillard

Une certaine idée de l'homme  

Au fil de 13 reportages graphiques illustrés par des dessinateurs différents, Christophe Dabitch raconte la lutte quotidienne de victimes et militants, dans un ouvrage collectif publié aux éditions Futuropolis en collaboration avec Amnesty International. Des femmes cambodgiennes en lutte pour leurs maisons (Guillaume Trouillard), aux migrants refoulés à la frontière entre la Grèce et la Turquie (Benjamin Flao), en passant par un campement de Roms à Grigny en France (Piero Macola) et le témoignage d’un spécialiste de l’Afrique (Christian Durieux), ce sont autant de reportages aux approches esthétiques diverses qui mettent en valeur le rôle d’Amnesty International et rappellent l’universalité du combat pour les droits de l’homme.

Jean-Luc Fromental | Sophie Giraud | Joëlle Jolivet

Regard sur les éditions Hélium 

Créées par Sophie Giraud, les éditions Hélium publient des albums jeunesse, des jeux d’auteurs et de véritables bijoux de technologie de papier qui surprennent et émerveillent le lecteur, quel que soit son âge. La particularité de ces éditions ? Un travail d’artisan avec les auteurs et illustrateurs pour créer des livres-objets étonnants. Petit tour d’un catalogue inventif constitué d’auteurs de tous horizons, en présence de Jean-Luc Fromental et Joëlle Jolivet deux auteurs aujourd’hui emblématiques de la maison. 
Tout public 

Lucie Albon | Aurélien Débat

Tampon : mode d'emploi 

Les deux illustrateurs redéfinissent l'univers graphique liée à la littérature de jeunesse à l'aide de tampons, de cartes à gratter ou encore d'aquarelle.
Pour tous

Silvia Avallone | Simonetta Greggio

L'Italie, un nouveau monstre ? 

Silvia Avallone dans Marina Bellezza et Simonetta Greggio dans Les nouveaux monstres, interrogent l’Italie contemporaine au bord du gouffre, ainsi que les failles et les doutes d’une génération gagnée par le malaise d’un pouvoir corrompu. Roman de l’amour impossible pour l’une, ou fresque sociale et politique, pour l’autre, deux façons de demander des comptes à un pays dont le peuple s’est senti floué et trahi.

Olivier de Solminihac | Valérie Zenatti

Les ombres du passé 

Valérie Zenatti, dans Jacob, Jacob, explore l’histoire familiale et le destin tragique de son grand-oncle Jacob, juif de Constantine, qui trouvera la mort après avoir été enrôlé par l’armée française en 1944. Olivier de Solminihac joue également sur le glissement de l’intime au collectif dans L’homme au fond, qui met en scène un couple qui s’installe dans une maison à Dunkerque, sans savoir que ressurgiront les ombres du passé, celles de la population bombardée dans le quartier pendant la dernière guerre. Deux romans où se mêlent la mémoire et le vivant, la matière fictionnelle et le documentaire.

Benoît Minville | Raphaële Moussafir

Des aventures hautes en couleur 

Benoît Minville et Raphaële Moussafir publient dans la nouvelle collection Pépix des éditions Sarbacane deux textes drôles et impertinents qui renouvellent le roman d’enfance. Benoit Minville nous fait partager la puissance de l’imaginaire en contant l’histoire de Victor Tombe-Dedans, un petit garçon tout à fait ordinaire jusqu’au jour où il tombe littéralement dans Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas… De son côté, Raphaële Moussafir donne la parole à Léonore, personnage effronté mais attendrissant, qui n’est autre que LA petite souris.
Tout public

Florence Aubenas

La France à hauteur d'homme  

Après Le quai de Ouistreham, récit de son immersion dans la peau d’une chômeuse à la recherche d’un CDI, Florence Aubenas revient avec un recueil d’articles publiés dans Le Monde qui donnent à voir la réalité de la France d’aujourd’hui à travers des histoires individuelles et des destins anonymes. Une galerie de personnages rencontrés par la journaliste au fil de ses reportages, saisis dans leur quotidien, qui finissent par donner une image forte et complexe d’un pays traversé par les vents contraires.

Philippe Bollondi | Patrice Pluyette

L'art du contrepied 

Après l’épopée maritime et le roman d’aventure déjanté, Patrice Pluyette s’adonne au polar dans La fourmi assassine, un roman noir qui révèle les penchants les plus sombres de l’âme humaine en se plongeant dans la tête d’un tueur en série. Une variation autour des genres que ne renierai sans doute pas Philippe Bollondi, dont le premier roman, Ariane dans le labyrinthe, consiste en une adaptation contemporaine des grands mythes de l’Antiquité. Deux romans qui sont à la fois des terrains de connaissance et des terrains de jeux, animés par un puissant souffle romanesque et une grande audace dans la langue.

Timothée de Fombelle

Le pouvoir de l'imaginaire 

Le livre de Perle est un roman entre deux mondes, à la fois roman de grande ampleur et roman de l’intime, l’histoire d’un prince chassé de son royaume enchanté vers le Paris de la Seconde Guerre mondiale. Soldat, prisonnier puis résistant, il espère retourner chez lui pour retrouver celle qu’il aime. Les allers-retours entre les mondes sont l’occasion pour Timothée de Fombelle de confronter l’imaginaire et la réalité, le conte et l’histoire, dans un roman à la construction brillante qui rapproche les personnages à travers l’espace et le temps.

Olivier Adam | Donal Ryan

Roman choral, roman social 

Dans Peine perdue, Olivier Adam donne à voir la vie ordinaire d’une vingtaine de personnages - marqués par la précarité et une forme d’invisibilité - qui gravitent dans une petite station balnéaire en proie à une violente tempête. Un parti pris narratif que l’on retrouve dans le premier roman de l’écrivain irlandais Donal Ryan qui, avec Le coeur qui tourne, met en scène le quotidien d’un petit village d’Irlande là aussi en proie à des difficultés économiques, sociales, professionnelles et intimes... Deux romans kaléidoscopiques qui mettent au jour la réalité de la crise, tout en explorant les parcours singuliers d’une multitude de protagonistes…

 

Fiston Mwanza Mujila | Sylvain Prudhomme

Au cœur de la ville (africaine) 

D’un côté, la ville de Bissau, capitale de la Guinée, que Sylvain Prudhomme évoque dans Les Grands à travers l’histoire des « Super Mama Djombo », un groupe de musique qui fut le symbole de l’indépendance du pays dans les années 70 avant de disparaître peu à peu. De l’autre, une ville imaginaire, sans doute inspirée par Lubumbashi, que Fiston Mwanza Mujila explore par le prisme du Tram 83, une ligne où se retrouvent les personnages les plus cocasses… Deux romans poétiques et musicaux, qui rendent compte de la précarité et de la vitalité qui hantent ces deux territoires, tout en évoquant le rapport à la terre, les traces de l’histoire passée et les enjeux politiques du présent.

François Begaudeau | Serge Joncour

L'écrivain et son double 

Dans leurs derniers romans, Serge Joncour et François Bégaudeau mettent en scène des écrivains qui ne sont ni tout à fait eux-mêmes, ni tout à fait des autres… D’une résidence d’auteur qui vire à l’enquête policière dans L’Ecrivain National, à la tournée promotionnelle d’un écrivain « public » dans La Politesse, on retrouve une même réflexion sur la figure de l’écrivain, le rôle de la littérature, le rapport à la notoriété, les dérives d’un milieu parfois cruel. Le tout dans des romans qui ne manquent ni de lucidité, ni d’autodérision, par deux auteurs qui ont aussi en commun leurs liens très étroits avec le cinéma.

Marie-Hélène Lafon | Emmanuelle Pagano

De l'influence du paysage 

De livres en livres, Marie-Hélène Lafon et Emmanuelle Pagano tissent une oeuvre dense et charnelle, traversée par des personnages ordinaires, des coeurs aussi simples que tourmentés, aux prises avec les éléments, la matière, le paysage, les espaces de campagnes bruts et parfois déserts. Dans Joseph, Marie-Hélène Lafon dresse le portrait d’un ouvrier agricole dans une ferme du Cantal, qui sera un témoin de la vie des autres. Emmanuelle Pagano propose, avec Lignes et fils, le premier tome d’une trilogie sur l’eau qui met en scène les différentes strates familiales. Deux auteurs qui travaillent l’écriture comme on sculpte la glaise.

Ramona Badescu

Rencontre avec la maman de Pomelo 

Plongez dans l’univers fantaisiste et poétique de Ramona Badescu, auteur incontournable de la littérature jeunesse d’aujourd’hui. Avec Ce que je peux porter, suivez le grand remue-ménage du chat, du chien, du grand-père, du vent, chacun chargé d’un objet pour faire de la place à l’enfant qui arrive... Parce que les tout-petits ont aussi droit à leur livre-photos, l’auteur a imaginé et photographié l’album Tiens ! pour exprimer avec émotion le lien que l’enfant entretient avec les objets et le temps qui passe.
À partir de 5 ans

John Burnside | José Carlos Somoza

Se donner un genre 

Deux écrivains majeurs de la littérature contemporaine internationale qui ont pour habitude de jouer avec les codes romanesques et les genres littéraires. Ainsi, L’été des noyés, de John Burnside et Tétraméron, de José Carlos Somoza, sont tout à la fois des polars, des thrillers psychologiques, des récits gothiques, des fables cruelles et des romans réalistes qui explorent les recoins les plus obscurs de la condition humaine - le mal, la violence, la tentation, le « péché » - et sa face la plus solaire, symbolisée par les légendes et le goût des histoires.

Bernard Duisit | Gérard Lo Monaco | Clémentine Sourdais

Entre spectacle et illusion 

Entrez dans l’univers magique de la création papier avec trois grands créateurs du livre animé.

Le livre des jouets de papier de Gérard Lo Monaco s’ouvre comme un coffre à jouets intemporel, pour une balade nostalgique dans la chambre de son enfance, où chaque page tournée révèle la magie du déploiement des images. Avec Ça va pas la tête ?, Bernard Duisit met encore une fois ses mécanismes ingénieux au service d’un pop-up loufoque pour les tout-petits. Avec le conte accordéon La Barbe bleue, Clémentine Sourdais propose un livre délicat et, précieux ; un livre rendant le lecteur acteur du spectacle qui se déroule sous ses yeux.
Tout public

Pinar Selek | Minh Tran Huy

Devoirs de mémoire (familiale) 

Alors que l’on commémore en 2015 le centenaire du génocide arménien, Pinar Selek donne un récit singulier sur ce point noir de l’histoire turque en convoquant ses propres souvenirs et ceux d’une communauté stigmatisée, persécutée, oubliée… Un « devoir de mémoire » également au coeur du roman de Minh Tran Huy, qui rend hommage aux membres de sa famille et à tous les vietnamiens dont le destin fut tragiquement percuté par l’histoire au fil du vingtième siècle. Deux livres nécessaires et émouvants qui soulignent le rôle de la littérature dans la compréhension des drames de l’histoire.

Marie Caudry | Gauthier David

Les lettres de l'ours 

Entrez dans les coulisses de ce duo créatif qui crée au fil de sa collaboration texte/illustration un univers foisonnant, coloré, poétique... Avec Les lettres de l’ourse, une succession de lettres tendres et émouvantes que l’Ourse adresse à son cher Oiseau parti en migration pour l’hiver, Gauthier David met délicatement en mot l’intimité épistolaire que Marie Caudry accompagne d’illustrations lumineuses. Dans Venez nombreux !, leur troisième album commun, vous rencontrerez le plus dur à cuire des oeufs, le plus moche des beaux, la plus branchée des Cro-Magnons... Une palette de personnages hauts en couleur créés avec beaucoup de finesse et d’humour.
Lecture-rencontre / À partir de 5 ans

Philippe Artieres | François Cusset

Historiens du temps présent 

Quand deux historiens se détournent de leur discipline première pour entrer en littérature, cela donne des romans hybrides, formellement novateurs, qui tentent de saisir le temps présent dans des dispositifs en fragments. Le journal intime pour François Cusset, qui multiplie les axes de réflexion et entremêle les époques ; le recueil de textes brefs pour Philippe Artières, dont le regard se porte tour à tour sur des objets ordinaires et des questions majeures pour tenter de capter l’air du temps, faire oeuvre de récit et proposer une mythologie moderne. 

Virginie Despentes | Philippe Djian

Pour une littérature rock ? 

Deux grandes figures de la littérature française contemporaine aux oeuvres subversives et novatrices, dont les livres sont très souvent adaptés au cinéma, qui ont des liens étroits avec la musique – ils sont tous deux paroliers – et qui s’admirent mutuellement… Leurs nouveaux romans, Chéri-chéri et Vernon Subutex, Vol.1 brassent les univers et les registres à travers deux personnages qui se situent en marge de la société – un ex disquaire SDF et un écrivain qui se travestit la nuit venue – et dont les parcours chaotiques disent beaucoup de nos sociétés contemporaines.

Anne Wiazemsky

Un roman de formation 

Après Jeune fille, où elle évoquait le tournage d’Au hasard Balthazar avec Robert Bresson, et Une année studieuse, où il était question de sa rencontre avec Jean-Luc Godard et du tournage de La Chinoise, voici donc Un an après, la suite de l’éducation sentimentale, artistique et politique d’Anne Wiazemsky. Ce nouveau récit se focalise sur l’année 68, une année décisive d’un point de vue personnel (mariage et rupture avec Godard) et collectif, puisque les premiers soubresauts de la révolution apparaissent dans un cercle où les grandes figures intellectuelles et artistiques ne manquent pas : Gilles Deleuze, Bernardo Bertolucci, Michèle Rosier…

Philippe Forest | Hélène Merlin-Kajman | Gisèle Sapiro

Que peut (encore) la littérature ? 

Dans un récent numéro de la NRF, Philippe Forest et Gisèle Sapiro posaient une nouvelle fois la question Que peut la littérature ? à laquelle Sartre, Semprun, Beauvoir et d’autres ont tenté de répondre en 1965 dans un petit livre historique. En 2016, les enjeux de cette vaste question sont-ils les mêmes ? Éléments de réponse avec un romancier et une sociologue qui analysent la place, le statut, l’usage et les pouvoirs de la littérature au 21ème siècle. 

Ouvert pour tous dans la limite des places disponibles

William Marx

La Haine de la littérature 

De Platon voulant chasser les poètes de sa République aux propos d’un ex-Président français raillant l’utilité de la lecture de La Princesse de Clèves, William Marx donne une autopsie hautement littéraire d’un fait – la haine de la littérature - qui traverse les époques et prouve que celle-ci conserve, par delà les siècles, son pouvoir de subversion.

La journée de réflexion est animée par Thierry Guichard, directeur de la publication du Matricule des anges.

Journée organisée en partenariat avec l’Université Lumière Lyon 2, l’ARALD, Médiat Rhône-Alpes et la Médiathèque Départementale du Rhône.

Hélène Merlin-Kajman

Lire dans la gueule du loup 

Parler de littérature, c’est défendre une zone mise en danger : celle de sa transmission. Car la littérature ne serait rien sans l’apprentissage premier des histoires que les parents lisent aux enfants, avant que ceux-ci ne deviennent capables de lire seuls, à leur tour. Nous invitant à changer de point de vue, Hélène Merlin-Kajman s’interroge sur la transmission, partant, sur l’avenir : elle définit l’usage de la littérature qu’il est urgent de promouvoir, sinon d’inventer dans des sociétés fondées sur le respect de l’individu, la valorisation de son autonomie et de sa liberté – de conscience, de sentiment.

Didier Castino

Les lycéens invitent Didier Castino 

Des élèves des lycées Jean-Paul Sartre, Emile Béjuit et Tony Garnier de Bron, Condorcet de Saint-Priest, Marcel Sembat de Vénissieux et Louise Labé de Lyon rencontrent trois des auteurs invités à la Fête du Livre de Bron (Didier Castino, Mathias Enard, Martin Page/S. Jan) dont les romans interrogent, chacun à leur façon, la thématique de l’édition 2016 du festival : Que peut la littérature ?

Après le silence
Un premier roman d’une profonde sensibilité, un beau dialogue posthume entre un fils et son père, mort à l’âge de 43 ans d’un accident professionnel dans l’usine où il avait travaillé une partie de sa vie... Ce récit de filiation est aussi une chronique douce-amère des « derniers jours de la classe ouvrière » et de la France des années 70 (Giscard, 2 CV et Gauloises Bleues !) tout autant qu’une réflexion émouvante sur la quête de liberté individuelle et l’émancipation d’un gamin trop tôt orphelin qui cherche à trouver sa propre voie, sa propre voix.  

Mathias Enard

Les lycéens invitent Mathias Enard 

Des élèves des lycées Jean-Paul Sartre, Emile Béjuit et Tony Garnier de Bron, Condorcet de Saint-Priest, Marcel Sembat de Vénissieux et Louise Labé de Lyon rencontrent trois des auteurs invités à la Fête du Livre de Bron (Didier Castino, Mathias Enard, Martin Page/S. Jan) dont les romans interrogent, chacun à leur façon, la thématique de l’édition 2016 du festival : Que peut la littérature ?

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants
En 2010, Mathias Enard obtenait le prix Goncourt des Lycéens pour Parle-leur de batailles de rois et d’éléphants, un roman où se trouvaient déjà tous les enjeux de son oeuvre : les histoires dans l’Histoire, les liens entre Orient et Occident, les mystères de la création, le destin des artistes... Ici, il imaginait, entre réalité et fiction, le séjour de Michel- Ange à Constantinople, où le sultan Bajazet l’avait appelé pour concevoir un pont sur la Corne d’Or en remplacement de... Léonard de Vinci !

Martin Page

Les lycéens invitent Martin Page et S. Jan 

Des élèves des lycées Jean-Paul Sartre, Emile Béjuit et Tony Garnier de Bron, Condorcet de Saint-Priest, Marcel Sembat de Vénissieux et Louise Labé de Lyon rencontrent trois des auteurs invités à la Fête du Livre de Bron (Didier Castino, Mathias Enard, Martin Page/S. Jan) dont les romans interrogent, chacun à leur façon, la thématique de l’édition 2016 du festival : Que peut la littérature ?

Emma et la nouvelle civilisation
Dans ce livre numérique conçu entre un écrivain et un web designer, la littérature prend une nouvelle dimension : à l’image de la santé physique et mentale de la vieille dame qui est l’héroïne du roman, les lettres se dégradent, créent des contresens, reviennent parfois à leur état normal ou gardent des traces de ces transformations. Emma et la nouvelle civilisation est un bel exemple de ce que l’outil numérique peut amener à l’écriture romanesque sans en diminuer l’exigence et la dimension « littéraire ».

Véronique Ovaldé

Paloma et le vaste monde 

La romancière Véronique Ovaldé lit des extraits de son dernier album jeunesse, Paloma et le vaste monde. Paloma vit cloitrée avec sa mère et ses deux soeurs, Santa Maria et Rubéole, depuis la disparition de leur père, pilote d’avion, dans le triangle des Bermudes. Mais Paloma a des envies d’aventures et de découverte du monde… Des illustrations éclatantes, un récit à la langue délicate et imagée, un conte qui fait l’éloge de la liberté et de l’imagination. Un album fascinant à découvrir absolument avec ses enfants !  

Olivier Douzou

Dans la fabrique d’Olivier Douzou 

Auteur essentiel, Olivier Douzou a participé à la révolution de l’image dans la littérature jeunesse. Auteur prolifique, fondateur du département pour le jeune public aux éditions du Rouergue, il a créé des albums innovants aux partis pris graphiques très affirmés. À l’occasion de la sortie du livre La fabrique d’Olivier Douzou (Atelier du Pois-son Soluble) par la critique Adèle de Boucherville, nous vous proposons d’entrer dans l’atelier du créateur. D’ébauches en croquis, de carnets en brouillons, l’auteur nous accompagne dans la découverte d’une oeuvre riche et foisonnante !  

Mathias Enard | Brigitte Giraud | Alain Mabanckou | Jean Rouaud

Table ronde anniversaire 

30 ans, qu’est-ce qu’on garde ?
Une scène ouverte pour fêter la trentième édition du festival avec cette question, posée à des grands témoins de la littérature contemporaine qui sont aussi des compagnons de route du festival : des éditeurs, des écrivains et des critiques donnent un aperçu, forcément subjectif, des faits littéraires marquants des 30 dernières années...
Avec les critiques littéraires : Michel Abescat, Télérama - Thierry Guichard, Le Matricule des Anges Raphaëlle Leyris, Le Monde des Livres - Sandrine Treiner, France Culture
Les éditeurs : Myriam Anderson, éditions Actes Sud - Olivier Cohen, éditions de L’Olivier Paul Otchakovsky-Laurens, éditions P.O.L. - Thomas Simonnet, éditions Gallimard
Les écrivains : Mathias Enard - Brigitte Giraud - Alain Mabanckou - Jean Rouaud  

Susie Morgernstern | Sébastien Mourrain

Mr Gershwin 

Lecture dessinée de l’album-CD Mr Gershwin, les gratte-ciels de la musique, menée en direct par ses deux auteurs. La voix de Susie Morgenstern porte le destin extraordinaire du jeune George Gershwin, enfant dissipé de Brooklyn qui devint un immense musicien, tandis que le dessin de Sébastien Mourrain évolue sous nos yeux pour dévoiler le décor de New York. L’occasion de (re)découvrir les plus belles comédies musicales de Broadway !

Denis Pourawa | Thierry Renard

Le Printemps des Poètes 2016 

Du 5 au 12 mars, le Printemps des Poètes fête le « grand vingtième », cent ans de poésie d’Apollinaire à Yves Bonnefoy... La Fête du Livre s’associe au lancement de cette 18ème édition en présence de deux poètes : Thierry Renard, directeur de l’Espace Pandora, et le Kanak Denis Pourawa qui donne une lecture de certains de ses textes.  

Enrique Villa-Matas

Liv(r)e, un auteur, une œuvre 

Enregistrement public / Émission France Culture

Liv(r)e, un auteur, une œuvre

Cycle de rencontres autour de la littérature étrangère animé par Sylvain Bourmeau.

Il est l’un des écrivains contemporains les plus inventifs et les plus mystérieux, savant mélange d’érudition et d’humour noir, d’exigence et d’ironie, à la fois marqué par un goût du formalisme et par une imagination débridée... Héritier de Sterne, Melville ou Robert Walser, il ne cesse de brouiller les pistes narratives tout en donnant à voir avec beaucoup d’acuité la réalité de notre monde contemporain. Dans La Modestie et autres récits, on retrouve un choix de nouvelles écrites entre 1988 et 2013 qui rappellent que celui qui fut jadis hébergé par Marguerite Duras pendant ses années de bohème (mais est-ce la légende ou la réalité ?) est le plus grand des prestidigitateurs littéraires. Lisez Vila-Matas !

Diffusion des émissions du 9 juillet au 27 août le samedi de 19h à 20h30 sur France Culture.

Marcel Cohen | Gérard Macé

Histoires de mémoire 

Deux immenses écrivains qui convoquent la littérature, la culture, les arts, la photographie et le voyage dans des oeuvres poétiques érudites et sensibles. À travers des recueils, des récits, des journaux, des chroniques, voire des Faits (Marcel Cohen) ou des Pensées simples (Gérard Macé), ils développent une poésie de la trace, de la mémoire et du temps retrouvé marquée autant par les tragédies du 20ème siècle que par une méditation introspective sur leur présence au monde. Deux oeuvres qui s’inscrivent aussi profondément dans une histoire familiale, un héritage culturel et une filiation littéraire.Deux immenses écrivains qui convoquent la littérature, la culture, les arts, la photographie et le voyage dans des oeuvres poétiques érudites et sensibles. À travers des recueils, des récits, des journaux, des chroniques, voire des Faits (Marcel Cohen) ou des Pensées simples (Gérard Macé), ils développent une poésie de la trace, de la mémoire et du temps retrouvé marquée autant par les tragédies du 20ème siècle que par une méditation introspective sur leur présence au monde. Deux oeuvres qui s’inscrivent aussi profondément dans une histoire familiale, un héritage culturel et une filiation littéraire.

Mathias Enard | Atiq Rahimi | Boualem Sansal

En quête d'ailleurs 

Un écrivain algérien, Boualem Sansal, qui explore au fil de son oeuvre la réalité politique et historique de son pays et qui, dans 2084, use de la fable pour dire l’inquiétude d’un monde en mutation... Un romancier français, Mathias Enard, traducteur du persan, qui fait de l’espace méditerranéen – et des liens entre l’Orient et l’Occident – son territoire littéraire, comme dans l’éblouissant Boussole... Et si la littérature était avant tout une affaire de passage des frontières ?

Chloé Cruchaudet | Denis Lapière | Aude Samama

Que peut la bande dessinée ? 

Avec Martin Eden, magnifique transposition du chef d’oeuvre de Jack London, Denis Lapière et Aude Samama n’en sont pas à leur première adaptation littéraire en bande dessinée puisqu’Amato était déjà issu d’une nouvelle de Robert Louis Stevenson... C’est la même démarche pour Chloé Cruchaudet, dont l’album Mauvais genres est directement inspiré de l’essai de Fabrice Vogili et Danièle Voldman, La garçonne et l’assassin. Quels sont les enjeux de telles adaptations ? Quels sont les armes spécifiques de la BD dans cette variation sur les oeuvres ? Réponses avec trois invités dont les albums sont aussi des plongées dans des lieux oubliés et des époques lointaines...

Emmanuel Carrere

Lignes de vie 

Après plusieurs romans dont beaucoup ont été portés à l’écran, Emmanuel Carrère tourne le dos à la fiction à partir des années 2000 avec des récits centrés sur son propre parcours (Un Roman russe, Le Royaume) ou sur « d’autres vies que la sienne », comme ce fut le cas avec L’Adversaire (autour de Jean-Claude Romand) ou Limonov... Une oeuvre littéraire qui trouve un écho dans les films de l’auteur, notamment son documentaire, Retour à Kotelnitch, qui préfigurait la rédaction d’Un Roman russe. Rencontre avec un écrivain majeur à l’occasion de la parution de Il est avantageux d’avoir où aller.

Dany Laferrière | Adam Thirlwell

Romans de formation 

Dans Mythologies américaines, on retrouve pour la première fois réunis les cinq textes fondateurs de l’œuvre de Dany Laferrière, dont le très remarqué Comment faire l'amour à un nègre sans se fatiguer, dans lequel il évoquait son arrivée à Montréal après avoir quitté son île natale, Haïti. Un roman de formation qui fait écho au nouveau livre du britannique Adam Thirlwell, Candide et lubrique, dont le personnage principal est en proie à une série de crises familiales, professionnelles et psychotropes... Deux fables modernes à l'ironie mordante qui prouvent que la littérature peut être à la fois un terrain de jeu et un terrain de connaissance !

Frédérique Bertrand | Alex Cousseau | Olivier Douzou | Nathali Fortier | Sylvia Gracia | Valie Le Gall | Olivier Pillé

Les éditions du Rouergue expliquées aux parents 

Coup de projecteur sur un catalogue jeunesse qui allie créativité et exigence depuis plus de vingt ans. Les éditions du Rouergue ont largement contribué au développement de la littérature de jeunesse, que ce soit par le biais de l’album ou du roman. Retour sur un parcours remarquable et tour d’horizon des collections et des livres destinés aux tout-petits jusqu’aux grands ados, en compagnie des éditeurs et des auteurs. Entre classiques et nouveautés, auteurs emblématiques et jeunes créateurs.

Virginie Despentes | Edouard Louis

Vérité et mensonge 

De Baise-moi, son premier roman, à la série Vernon Subutex, Virginie Despentes développe une oeuvre singulière et radicale qui ausculte les marges de nos sociétés avec le désir de rendre compte du réel. Une recherche de la « vérité » qui est aussi au coeur de la démarche littéraire d’Édouard Louis, dont le dernier livre évoque son rapport à la violence après avoir raconté dans En finir avec Eddy Bellegueule la rupture avec son environnement familial et la stigmatisation dont il a été victime à cause de son homosexualité. Des oeuvres fortes et émouvantes, qui montrent que la littérature est aussi une affaire d’émancipation individuelle.

Christophe Boltanski | Didier Castino | Catherine Poulain

Ils écrivent le monde 

Dans La Cache, Christophe Boltanski revient sur l’histoire d’une famille et celle de son grand-père qui a dû, pendant la dernière guerre, se cacher dans sa propre maison, en plein Paris, comme un clandestin, et faire de la peur l’un des héritages les plus tenaces. Didier Castino met en scène, dans Après le silence, l’accident du travail qui a coûté la vie au père et marqué à jamais l’adolescent et la famille du narrateur. Un roman sur la condition ouvrière autant que sur le deuil, la transmission et l’absence. Catherine Poulain approche aussi le monde du travail dans Le Grand Marin, mais auprès des hommes d’Alaska qui pêchent le flétan, supportent le sel qui ronge la peau, l’humidité, la fatigue et la peur. Trois premiers romans qui rendent compte de trois trajectoires dans un environnement hostile, inquiétant et fascinant à la fois.

Leslie Kaplan | Denis Lachaud | Jean Rouaud

Qu'est-ce qu'on attend ? 

Dans Mathias et la Révolution, Leslie Kaplan met en scène une émeute dans le Paris d’aujourd’hui en se référant explicitement à la Révolution française. C’est aussi le point de départ du roman de Denis Lachaud, Ah ! Ça ira..., dans lequel il explore les différentes formes de lutte et de résistance - la révolution, la lutte armée, les mouvements citoyens - à travers plusieurs générations, et jusqu’en 2037 ! Jean Rouaud tient, lui, la Chronique de l’année 2015 à la lumière de 1905, ce qui lui permet une passionnante analyse des enjeux contemporains, notamment de la laïcité... Trois écrivains qui posent au passé les questions du présent tout en cherchant un chemin vers de nouvelles formes d’utopie.

Philippe Claudel | Anne-Marie Garat

Transmettre 

Dans L’Arbre du pays Toraja, Philippe Claudel s’interroge sur la place que la mort occupe dans notre existence, après que le narrateur a perdu son meilleur ami, et cherche la signification profonde attachée au vivant. Il est question de fantômes, d’héritage et de transmission dans La Source, ample roman de filiation dans lequel Anne-Marie Garat fait parler les lieux et particulièrement les maisons, sans craindre leurs inévitables sortilèges.

Bernard Lahire | Pascal Ory

Que peuvent l'histoire et la sociologie ? 

Un sociologue et un historien qui tentent de mettre le présent en perspective avec les armes de leurs disciplines. Dans Pour la sociologie, Bernard Lahire rappelle l’importance des sciences sociales dans la compréhension des enjeux contemporains, notamment les affaires de terrorisme. Un sujet qui est au coeur des Treize leçons d’histoire que Pascal Ory tire des attentats de Charlie Hebdo autour de quelques mots clés : liberté d’expression, laïcité, guerre de religion... Dans les deux cas, des modes de compréhension qui éclairent des réalités complexes, trop souvent simplifiées par les discours médiatiques et politiques.

Luis Sepúlveda

Liv(r)e, un auteur, une œuvre 

Enregistrement public / Émission France Culture

Liv(r)e, un auteur, une œuvre

Cycle de rencontres autour de la littérature étrangère animé par Sylvain Bourmeau.

Né en 1949 dans le nord du Chili, il fait très tôt partie des jeunesses communistes et sera emprisonné durant plus de deux ans dans les geôles de Pinochet. Son roman, Le vieux qui lisait des romans d’amour, traduit en plus de 35 langues, lui assure une notoriété mondiale. Son oeuvre est marquée par un engagement politique sans failles, que l’on retrouve notamment dans ses articles de presse concernant l’écologie, les dictatures militaires et la lutte contre le racisme et la xénophobie. Il est un parfait exemple d’une littérature à la fois engagée et romanesque. Rencontre avec Luis Sepúlveda à l’occasion de la parution de Deux idées de bonheur.

Diffusion des émissions du 9 juillet au 27 août le samedi de 19h à 20h30 sur France Culture.

Arthur Dreyfus | Dominique Fernandez

Correspondance indiscrète 

Dans une Correspondance indiscrète, Arthur Dreyfus et Dominique Fernandez, que séparent presque soixante ans, posent la question de la vie sexuelle et de son expression littéraire et artistique. Faudrait-il tout dire, tout dévoiler, à une époque qui est celle de la liberté des moeurs ? Ou au contraire s’adonner aux vertus de la poésie du secret ?

Camille Laurens

Celle que vous croyez 

Camille Laurens s’interroge sur le contemporain et la façon dont les liaisons amoureuses s’orchestrent, entre réel et virtuel au gré des mises en abîme qu’offre le net. Dans Celle que vous croyez, une femme crée un faux profil Facebook pour surveiller son amant infidèle et s’adonne à un jeu d’illusionniste vertigineux. Un roman qui questionne le pouvoir des mots, des images, et leur force d’évocation et de manipulation.

Olivier Adam | Philippe Jaenada | Iain Levison

Ceci n'est pas une histoire vraie 

Dans La Renverse, Olivier Adam retrace l’itinéraire d’Antoine dont la vie a basculé suite au scandale public qui a souillé sa famille quand il était adolescent. Une réflexion sur la vie intime mêlée à la vie politique, sur fond d’humiliation et d’impunité. Dans Ils savent tout de vous, Iain Levison met en scène Snowe, un flic du Michigan, qui sait lire dans les pensées. Ce don de télépathie intéresse fortement le FBI dont la surveillance des citoyens est un des objectifs inavoués. Philippe Jaenada s’intéresse dans La Petite Femelle au procès retentissant de Pauline Dubuisson en 1953, accusée d’avoir tué de sang-froid son amant. Un roman qui questionne la place de la femme dans la société d’alors et les raisons pour lesquelles l’Histoire et le peuple français ont voulu la briser.

Mathieu Riboulet | Lydie Salvayre

Plan B 

Dans Entre les deux il n’y a rien, Mathieu Riboulet met en scène avec beaucoup de force la réalité politique européenne des années 70 marquée par une radicalisation des luttes et une exacerbation de la violence politique. Une réflexion sur l’engagement que l’on retrouve dans Pas pleurer, le roman de Lydie Salvayre, qui revient sur la Guerre d’Espagne à travers deux parcours de résistants : celui de Georges Bernanos s’engageant auprès des Républicains (lui le catholique monarchiste), et celui de la mère de l’auteur, Montse, qui raconte à sa fille la révolution libertaire qu’elle a connue à Barcelone en 1936...

Alexis Jenni | Benjamin Stora

Qu'est-ce qu'on a en commun ? 

Lorsqu’il a écrit L’art français de la guerre, Alexis Jenni s’était nourri de l’ouvrage de Benjamin Stora, Le Transfert d’une mémoire, que l’on retrouve actualisé dans le livre intitulé Les Mémoires dangereuses, qui propose par ailleurs un dialogue passionnant entre le romancier et l’historien. De l’Algérie coloniale à la France d’aujourd’hui, de la guerre sans nom à la montée du Front National, l’un et l’autre donnent un regard profond sur les enjeux de ce passé chaotique entre les deux pays - la mémoire, le communautarisme, l’identité - pour tenter d’entrevoir la possibilité d’un avenir commun. Une réflexion salutaire qui s’inscrit autant du côté de la littérature que de l’histoire et de la société.

Pierric Bailly | Vincent Message | Charles Robinson

No(s) identité(s) 

Que ce soit la cité des Pigeonniers, une cité fictive explorée à travers ses lieux et ses habitants dans la fresque de Charles Robinson, Fabrication de la guerre civile, ou le village perché sur une gigantesque tour en béton armé qui est le décor de L’Étoile du Hautacam, de Pierric Bailly, ou bien encore le monde où la nature a repris ses droits à l’être humain que Vincent Message met en scène dans Défaite des maîtres et possesseurs, on retrouve dans ces romans des mondes de fiction qui disent beaucoup du nôtre. Avec, au coeur de ces sociétés en mutation, des multitudes de vies minuscules et bousculées.

Maylis de Kerangal | Tom Haugomat | Adrien Parlange

Qui arrive en premier, le texte ou l’image ? 

Comment se conjuguent texte et image pour créer un album narratif ? Dans L’enfant chasseur, Adrien Parlange manie l’art de jouer avec les silhouettes, les couleurs et la transparence pour révéler au lecteur une histoire surprenante. Dans Hors-pistes, Tom Haugomat a eu carte blanche pour livrer des illustrations minimalistes en aplats de couleurs sur le thème de la montagne, et Maylis de Kerangal s’est ensuite prêtée au jeu de l’interprétation pour livrer son histoire à travers un texte fort. Rencontre avec trois auteurs importants de la création graphique et littéraire contemporaine !  

Alex Cousseau | Valie Le Gall

Je suis une aventure 

Alex Cousseau et Valie Le Gall écrivent des histoires pour enfants à quatre mains aux éditions du Rouergue. Ils brossent des récits de vie poignants et émou-vants, entre imaginaire, aventure du quotidien et magie. À l’occasion de la parution de leur dernier roman, Je suis né sous la terre / Je suis née sous l’eau, les deux écrivains viendront nous lire des extraits de leurs quatre textes. Un moment de lecture à deux voix que nous vous recommandons !  

Michka Assayas | Bruno Bayon | Xavier Durringer

L'époque et moi 

Dans Un autre monde, Michka Assayas raconte comment il a sauvé la relation avec son fils de seize ans en montant un groupe de rock. Un savoureux roman trans-générationnel qui dit autant de l’histoire du rock, de l’époque que de la volonté de transmettre. Bayon propose dans Roulette russe, Journal d’un jeune homme perdu, un poignant voyage autour de sa chambre au début des années 80 sur fond d’obsessions littéraires, musicales, cinématographiques, amoureuses, suicidaires et sexuelles. C’est aussi le vertige rock’n roll qui est à l’oeuvre dans le roman de Xavier Durringer, Sfumato, et la vie de Raphaël, coupée en deux, en quête d’amours hallucinantes et de rencontres énigmatiques, le tout orchestré comme un grand jeu dangereux. Trois façons de redessiner une époque, qu’elle soit noire, new-wave ou décadente.

 

Alexandre Bergamini | Maylis de Kerangal | Hélène Gaudy

L'esprit des lieux 

Dans À ce stade de la nuit, Maylis de Kerangal offre une variation sur le nom de Lampedusa, un terme qui ramène autant au Guépard (adapté par Visconti au cinéma) qu’à la terrible réalité des migrants en Méditerranée... Une démarche comparable à celle d’Hélène Gaudy et Alexandre Bergamini dont les derniers romans tentent de reconstituer la mémoire des lieux et des personnes marqués par la Shoah, à travers des enquêtes et des témoignages, en particulier sur les camps de Terezin et de Westerbork. Avec la volonté d’éclairer, grâce à l’écriture littéraire, des destins mutilés et des lieux maudits à tout jamais.

Gilles Bachelet

Dans les coulisses du livre jeunesse 

Rencontre avec l’un des plus grands illustrateurs français. Avec son dernier album, Les coulisses du livre jeunesse, Gilles Bachelet nous propose de revisiter l’histoire de la littérature jeunesse avec la dose d’humour, de fantaisie et de regard critique qu’on lui connait. Gilles Bachelet s’amuse et nous amuse avec un jeu dans lequel il excelle : puiser dans les classiques du genre pour provoquer des rencontres inattendues et drôles. Des trois brigands au lapin de Mario Ramos, en passant par le poussin Blaise et Pomelo l’éléphant rose, venez tous les rencontrer !

Dany Laferrière

Mythologie(s) 

Dany Laferrière est un écrivain dont l’oeuvre se partage entre son pays d’origine, Haïti - une terre de désolation qui est aussi celle de l’enfance heureuse - et les États-Unis, son territoire romanesque privilégié. Une oeuvre érudite et humaniste qui flirte parfois avec le fantastique pour mieux interroger la complexité de notre présence au monde.

Christine Angot

Un amour impossible 

Châteauroux, fin des années 1950. Pierre séduit Rachel mais refuse de l’épouser. Il accepte cependant d’avoir un enfant avec elle, Christine, qu’elle devra élever seule. À l’adolescence, Pierre reconnaît officiellement sa fille, qui, fascinée par ce qu’il lui fait découvrir, s’éloigne de sa mère. Bien plus tard, Rachel apprend que Pierre viole Christine depuis des années.Christine Angot propose une lecture d’extraits de son roman, Un amour impossible, dans lequel elle évoque la rencontre de ses parents, la relation mère-fille, les failles de l’enfance et la place de la littérature dans sa vie. Un livre essentiel qui éclaire d’un jour nouveau l’ensemble de son oeuvre...

Olivier Bessard-Banquy

De l’édition indépendante à l’industrie du livre 

Depuis de nombreuses années, Olivier Bessard-Banquy s’attache à décrypter les mutations de l’édition littéraire et de la vie des lettres. De l’analyse de la vie éditoriale au 20ème siècle (à travers les grandes figures comme Gallimard ou Grasset), à la mutation numérique, en passant par la standardisation liée à l’ère industrielle du livre, c’est l’ensemble de ces enjeux qu’il explore et commente, avec la rigueur universitaire liée au travail sur les archives et la dimension plus iconoclaste de son jugement personnel. Une approche passionnante et salutaire pour les lecteurs et les professionnels du livre.

La journée est animée par Thierry Guichard, directeur de la publication du Matricule des Anges.
Sur inscription : j.reflexion(at)fetedulivredebron.com
Tarif pour la journée : professionnel 30 € / particulier 10 € Journée organisée en partenariat avec l’ARALD, l’Université Lumière-Lyon ll, la Médiathèque Départementale du Rhône et Médiat Rhône-Alpes.
**En entrée libre dans la limite des places disponibles.

Pierre-Jean Balzan | Laurent Bonzon | Philippe Fusaro | Martine Laval | Marc Porcu | Fabienne Swiatly

Les 20 ans de la Fosse aux ours 

À l’occasion des 20 ans des éditions La Fosse aux Ours, retour sur cette aventure éditoriale en compagnie de certains des auteurs et traducteurs du catalogue. L’occasion, aussi, de comprendre en compagnie de Laurent Bonzon, son directeur, le rôle d’une agence comme l’ARALD dans le soutien et le développement d’une structure éditoriale telle que La Fosse aux Ours, tandis que la journaliste Martine Laval, qui a beaucoup contribué à la visibilité médiatique de la maison, évoque ses liens avec La Fosse aux Ours.

La journée est animée par Thierry Guichard, directeur de la publication du Matricule des Anges.
Sur inscription : j.reflexion(at)fetedulivredebron.com
Tarif pour la journée : professionnel 30 € / particulier 10 € Journée organisée en partenariat avec l’ARALD, l’Université Lumière-Lyon ll, la Médiathèque Départementale du Rhône et Médiat Rhône-Alpes.
**En entrée libre dans la limite des places disponibles.

Elitza Gueorguieva | Valérie Manteau | Frédéric Martin | Yves Pagès

L’aventure du premier roman 

Comment l’auteur d’un premier roman parvient-il à être édité ? Les manuscrits envoyés par la poste ont-ils une chance d’être sélectionnés par un éditeur ? Comment les primo-romanciers vivent-ils cette première publication, puis la promotion, les rencontres avec les lecteurs ? Quelle place tiennent les premiers romans dans la presse spécialisée et les autres lieux de médiation ? Le deuxième roman est-il comme on le dit le plus difficile ? Autant de questions posées à deux “couples” auteur / éditeur qui nous livrent leurs secrets de fabrication : Yes Pagès, directeur des éditions Verticales et Elitza Gueorguieva, auteur de Les cosmonautes ne font que passer ; Frédéric Martin, directeur des éditions du Tripode et Valérie Manteau, auteur de Calme et tranquille. Deux des premiers romans les plus stimulants de cette année 2016 !

La journée est animée par Thierry Guichard, directeur de la publication du Matricule des Anges.
*Sur inscription : j.reflexion(at)fetedulivredebron.com
Tarif pour la journée : professionnel 30 € / particulier 10 € Journée organisée en partenariat avec l’ARALD, l’Université Lumière-Lyon ll, la Médiathèque Départementale du Rhône et Médiat Rhône-Alpes.
**En entrée libre dans la limite des places disponibles.

Véronique Ovaldé

Ce que je sais de Vera Candida 

Quand on lui apprend qu’elle va mourir dans six mois, Vera Candida abandonne tout pour retourner à Vatapuna... Un roman qui est une fable enjouée sur le destin de trois femmes d’une même famille, dans une Amérique du Sud fantasmée. Il y a là Rose, la grand-mère, ancienne prostituée devenue pêcheuse de poissons volants, Violette, la mère, aventureuse au destin météorique, et Vera Candida, la fille, qui à quinze ans s’enfuit en bus avec un bébé dans le ventre. Trois existences traversées par un terrible secret.

Les rencontres sont ouvertes au public dans la limite des places disponibles.

Cécile Coulon | Marcus Malte

Des mondes sauvages 

Dans Le Garçon, Marcus Malte met en scène un enfant presque sauvage, qui ne parle pas, aux prises avec la survie, après la mort de sa mère. Il va apprendre, grandir, traverser le vingtième siècle et se mettre à l’épreuve du monde, des hommes, de la guerre et de l’amour. Ce sont également des êtres confrontés à l’Histoire et au fol orgueil des hommes, que Cécile Coulon dépeint dans Trois saisons d’orage, une saga qui met en présence une famille de médecins et une lignée de paysans. Deux romans envoûtants où les hommes sont aux prises avec leurs démons mais aussi avec la nature, et les lieux qu’ils tentent de dompter et d’habiter.

Maya Ombasic | Lyonel Trouillot

La langue poétique, un endroit où vivre ? 

Maya Ombasic est une romancière et poète d’origine bosniaque, exilée à Montréal, dont les romans et recueils disent beaucoup de ses errances géographiques et intimes, mais aussi de son rapport à la langue française. Une langue que Lyonel Trouillot travaille lui aussi dans des poèmes et romans qui explorent la réalité contemporaine de Port-au-Prince en Haïti, une ville marquée par les souffrances du peuple, l’amnésie des puissants et l’éternelle question de la résistance.

En partenariat avec l’Espace Pandora et le Printemps des Poètes.

Jean-Claude Milner | Éric Vuillard

No(s) révolution(s) 

Dans Relire la Révolution, le linguiste et philosophe Jean-Claude Milner s’applique à décrypter le principe de Révolution en explorant ses diverses variations - de 1789 à nos jours - et en replaçant cet idéal dans la grille de lecture de notre temps. C’est sur le seul jour du 14 juillet que le romancier Eric Vuillard s’arrête dans un récit plein de bruit et de fureur sur la prise de la Bastille vue du côté des anonymes, des gens ordinaires, des vies minuscules. Deux façons de revisiter les grandeurs et décadences de l’idéal révolutionnaire qui permettent aussi d’interroger la liberté et la force des peuples, au fil des siècles ainsi que dans notre monde contemporain.

Patrick Chamoiseau

Masterclasse France Culture 

France Culture installe un studio au cœur de la librairie de la Fête du Livre de Bron pour l’enregistrement d’émissions en direct et des interviews d’auteurs...
Retrouvez Sylvain Bourmeau, Matthieu Garrigou-Lagrange,Tewfik Hakem et Christophe Ono-Dit-Biot tout au long du week-end et vivez la radio en live !

ENREGISTREMENT D’ENTRETIENS DE 11H30 à 13H 
Masterclasse de Valère Novarina animée par Sylvain Bourmeau

ENREGISTREMENT D’ENTRETIENS DE 14H30 à 15H30
La Compagnie des auteurs de Matthieu Garrigou-Lagrange
Carte blanche à Patrick Chamoiseau

ENREGISTREMENT D’ENTRETIENS DE 16H à 16H30
Paso Doble de Tewfik Hakem avec Emmanuelle Pagano

ÉMISSION EN DIRECT DE 17H à 18H
Le temps des écrivains de Christophe Ono-Dit-Biot avec Patrick Chamoiseau
 

 

 

Didier Castino | Thierry Hesse | Ivan Jablonka

Ceci n’est pas (seulement) un fait divers 

Dans Laëtitia ou la fin des hommes, l’historien Ivan Jablonka tente de décrypter les significations d’un fait divers à la fois banal et terrible, tout en retraçant le destin tragique d’une jeune femme victime d’une violence sociale aux multiples visages. Une « littérature documentaire » qui résonne avec les projets romanesques de deux écrivains, Thierry Hesse et Didier Castino, dont les nouveaux livres sont consacrés à la figure de Malik Oussekine, tué il y a trente ans lors des émeutes étudiantes, et dont le destin dit beaucoup des tabous de la société française. Entre histoire, enquête et vérité romanesque, une réflexion passionnante sur le fait divers et ses résonances sociétales.

Rencontre organisée dans le cadre des 70 ans du CNL.

Éric Chevillard | Emmanuel Venet

Journal d’un « fou » 

Dans son nouveau roman, Emmanuel Venet donne la parole à un homme atteint du syndrome d’Asperger qui, lors des obsèques de sa grand-mère, revient sur l’histoire familiale avec une causticité et une franchise absolues. Un regard d’une grande impertinence qui fait écho au personnage de Ronce-Rose, la jeune fille tenant son journal dans le nouveau livre d’Eric Chevillard, et dont l’apparente candeur permet là aussi un regard distancié et lucide sur le monde. Deux personnages en rupture avec la société, dont la quête de vérité passe par une forme de marginalité, mais aussi par la réappropriation de la parole.

Bernadette Gervais | Francesco Pittau

Le cabinet de curiosités de Pittau & Gervais 

Dans l’univers de la littérature jeunesse, Francesco Pittau et Bernadette Gervais forment un duo hors du commun. Depuis le début des années 90, ces auteurs à l’œuvre prolifique signent ensemble des livres réalisés à quatre mains à destination des enfants. Ouvrages animés, jeux d’ombre, abécédaires, imagiers, récits impertinents sur les bestioles à plumes, poils ou écailles. On soulève, on déplie, on mélange ou on devine, chaque livre est un jeu où le lecteur manipule des dessins qui suscitent rire et émerveillement. Parce que Pittau & Gervais sont comme les enfants, ils s’amusent sérieusement !

Tout public, recommandé aux adultes

Laura Alcoba | Nathacha Appanah

Au revoir les enfants 

Tropique de la violence, le dernier roman de Nathacha Appanah, a pour cadre l’île de Mayotte, le dernier - et oublié - département français, où de nombreux enfants, délaissés par des parents en situation irrégulière et souvent expulsés, peuplent les rues, livrés à eux-mêmes. Alors que Laura Alcoba, dans La danse de l’araignée, livre le quotidien d’une adolescente nouvellement arrivée en France et séparée de son père, emprisonné pendant la dictature argentine. Deux romans où l’espoir se conjugue avec l’inquiétude, la solitude, mais aussi l’énergie dont sont capables les enfants et les adolescents confrontés à l’âpreté du monde.

Camille De Toledo | Tristan Garcia

Vie intense, vie potentielle ! 

Deux auteurs dont l’œuvre oscille entre écriture romanesque et réflexion philosophique, développant une façon hybride d’ausculter notre époque en offrant notamment un regard sur l’idée de collectif, sur l’obsession de l’apocalypse qui caractérise notre temps présent, sur la dimension électrique de nos vies, mais aussi sur la tristesse européenne et la foi en une mutation possible... Autant d’enjeux que l’on retrouve dans des livres à la fois érudits et sensibles, brassant les registres et les références (on passe de Six Feet Under à Paul Ricœur d’un livre à l’autre), résolument optimistes et modernes !

Taï-Marc Le Thanh | Emmanuelle Maisonneuve

Rencontre entre les mondes 

Rencontre entre la lauréate du Prix Epopée 2016 et l’un des auteurs sélectionnés pour 2017. Avec Dans les branches, Emmanuelle Maisonneuve raconte la rencontre angoissante et fascinante entre un enfant solitaire et un être différent. Dans le 1er tome du Jardin des épitaphes, Taï-Marc Le Thanh nous invite dans le voyage mouvementé d’une jeune fratrie qui tente de sur vivre dans un monde dévasté. Les deux auteurs proposent une réponse décalée à la thématique de l’année “Et maintenant, on fait quoi ?” : Emmanuelle Maisonneuve confronte notre société au regard d’un étranger total, alors que Taï-Marc Le Thanh éprouve la force de la solidarité, du courage et de l’espoir, face à une société en ruine.

À partir de 11 ans.
 

Négar Djavadi | Shumona Sinha

La vie est ailleurs ? 

Dans Désorientale, Négar Djavadi met en scène son Iran natal et propose une fresque flamboyante sur la mémoire, l’identité, les tribulations des ancêtres sur fond de révolution politique, tout en portant sur la France contemporaine un regard acéré, dans lequel prennent place l’humour, l’insolence et le rock’n’roll. C’est cette même énergie éprise de vérité qui traverse Apatride de Shumona Shina, un roman qui dit le prix d’avoir quitté Calcutta, la déception et la colère qui alimentent des personnages qui ne ménagent ni la société française ni la société indienne. Deux romans qui interrogent la relation au temps, au pays quitté, et la transmission aux nouvelles générations.

Rencontre organisée dans le cadre des 70 ans du CNL.

Kris | Maël

La traversée du siècle 

Après Notre mère la guerre, une série magnifique sur la Première Guerre mondiale, le duo Kris / Maël revient avec une nouvelle série située dans les années 20 et intitulée Notre Amérique. Dans le tome 1, Quitter l’hiver, on suit les pas de deux jeunes rescapés de la Grande Guerre qui vont se tourner vers le continent latino américain – en particulier le Mexique – et ses rêves de révolution. Une nouvelle bande dessinée qui replace les destins individuels dans la grande histoire avec, comme toujours chez Kris et Maël, une dimension politique et idéologique très forte qui s’entremêle à un goût prononcé pour les vies minuscules.

Rébecca Dautremer

Le réveil du monde 

Auteur-illustratrice emblématique de la littérature jeunesse, Rébecca Dautremer construit album après album une œuvre riche et singulière. Nous la recevons à l’occasion de la sortie de son dernier livre Le bois dormait, une adaptation libre de La belle au bois dormant. Elle y déploie des images lumineuses et plonge le lecteur, avec poésie et humour, dans un univers onirique. Les deux narrateurs, un vieil homme et un jeune prince, arrivent dans une ville dont tous les habitants sont endormis et s’interrogent sur la raison de ce sommeil. Dans un final étonnant et majestueux, Rébecca Dautremer ne résout pas seulement l’histoire en brisant le sort par un baiser, elle dit aussi beaucoup sur l’envie de changer le cours des choses. Avec la conviction que l’on peut toujours réveiller le monde !

Tout public à partir de 10 ans.

Rébecca Dautremer intervient le dimanche 12 mars à 16h, au cinéma Les Alizés pour la projection de son film Kérity - En partenariat avec Télérama.

Valère Novarina

Le théâtre du monde 

Depuis plus de trente ans, Valère Novarina développe une œuvre absolument inclassable qui fait la part belle à l’invention narrative et lexicale tout en portant un regard engagé et lucide sur les dérives de notre monde contemporain. Dans Le Vivier des noms, c’est à partir des noms propres de sa région natale qu’il développe une profonde réflexion sur l’identité, l’angoisse de la disparition annoncée, les liens entre le corps et le langage...
Autant de thématiques que l’on retrouve également dans ses essais, ses installations et ses toiles, avec un mélange toujours aussi explosif de noirceur et de gaieté, de gravité et d’humour (noir). Bienvenue dans le monde de Valère Novarina.

Daniel Arsand | Geneviève Brisac

Des héros trop discrets 

Les personnages de Daniel Arsand et Geneviève Brisac sont tous deux les victimes - et les héros - d’un 20ème siècle traversé par les catastrophes. Jenny, l’héroïne du roman de Geneviève Brisac, voit son histoire familiale percutée par la Révolution Russe, l’Occupation, la déportation et le difficile (impossible ?) retour à la vie. Klaus, personnage central du livre de Daniel Arsand, est un jeune homosexuel déporté pendant quatre ans à Buchenwald qui tente de reprendre le fil du siècle lors de son exil à Paris.
Dans les deux cas, se posent les mêmes questions liées à la violence humaine et politique, à la force de résistance et la dimension héroïque de ceux qui font de leur souffrance un viatique vers le nouveau monde... Mais un nouveau monde est-il possible ?

REMISE DU PRIX DES GENÊTS À DANIEL ARSAND
SAMEDI 11 MARS À 11H / MÉDIATHÈQUE JEAN PRÉVOST

Jean-Pierre Filiu

Le miroir de Damas 

Dans Le miroir de Damas, sous-titré Syrie, notre histoire, Jean-Pierre Filiu tente de renouer avec l’histoire d’un pays abandonné aux violences et à l’horreur. En revisitant son passé – si intimement lié au nôtre – et en revenant sur les grandes figures de cette histoire (Saint-Paul, Saladin ou Abdelkader), il montre une autre facette d’un pays fondé sur l’harmonie des minorités, qui a aussi été un pays d’accueil, notamment pour les réfugiés arméniens. En tendant au monde ce « miroir de Damas », Jean-Pierre Filiu permet la compréhension des catastrophes contemporaines, et redonne à cette ville la dimension universelle qui est la sienne.

Rodrigo Fresán | Gonçalo M. Tavares

Les vertiges du présent 

Ils font tous deux partie des plus grands écrivains contemporains, lus et admirés par leurs pairs, portés aux nues par la critique contemporaine. Rodrigo Fresán et Gonçalo M. Tavares développent chacun une œuvre qui fait la part belle à l’expérimentation formelle, qui s’inscrit dans un héritage littéraire très fort (Kafka pour Tavares, Philip K. Dick et John Cheever pour Fresán) et qui décrit le monde d’aujourd’hui avec beaucoup de force et d’originalité. Deux auteurs atypiques aux livres inclassables, qui prouvent que la littérature est encore apte à se réinventer pour prendre en charge les vertiges du présent.

Alfons Cervera | Caryl Ferey

La mémoire des vaincus 

L’un, Alfons Cervera, est un romancier espagnol explorant depuis des années la mémoire des vaincus de la Guerre d’Espagne dans des romans familiaux qui auscultent les stigmates de ce conflit au fil des générations et des époques, et à travers des personnages hauts en couleur. L’autre, Caryl Ferey, est un écrivain français, dont les livres naviguent de l’Afrique du Sud au Chili en passant par l’Argentine, et qui use du roman noir pour dire les maux des sociétés, les traces indélébiles des dictatures ou des régimes ségrégationnistes. Dans les deux cas, des romans très « romanesques » qui éclairent un monde où les vaincus n’ont pas toujours leur mot à dire.

Carole Fives | Valérie Mréjen

Nos enfants chéris 

La troisième personne, c’est l’enfant qui arrive, qui surgit et bouleverse la vie quotidienne, qui module la perception qu’on a du monde, qu’on a des autres, de la ville, des rues, des rituels, intimes ou collectifs... sous le regard aiguisé, amusé ou sidéré de son auteur Valérie Mréjen. Une femme au téléphone serait l’expérience inverse, bien que très proche, celle qui donne la parole à une mère déjà âgée, déjà malade, à ses attentes, ses avis tranchés, ses injonctions, ses angoisses. Et qui fait que la fille devient petit à petit la mère de sa mère... À son corps défendant. Deux récits à l’épreuve de la lucidité, du langage, du jeu, de la radicalité, et du poids de la responsabilité.

Julien Billaudeau | Laëtitia Devernay

Le ballet de la nature 

On peut parler de l’impact de l’homme sur la nature avec beauté et peu ou pas de mots. Avec La danse de la mer, Laëtitia Devernay nous offre une ode graphique à l’océan dans lequel se mélangent poissons, sirènes et bateaux frigorifiques qui témoignent de la surexploitation de la mer. Dans Rien du tout, Julien Billaudeau nous raconte une fable écologique qui illustre la destruction de la forêt par les hommes et leurs constructions. Ces deux auteurs-illustrateurs questionnent le lien entre l’homme et l’environnement avec les meilleures armes : leur langage graphique et leur poésie. Dans des albums pour tous les âges, avec du papier découpé ou des tampons, ils nous emmènent dans un ballet de formes qui parle des grandes questions sans les poser.

Tout public à partir de 7 ans

Claudio Morandini | Lee Seung U

Les livres de l’intranquillité 

Dans son premier roman traduit en français, l’écrivain italien Claudio Morandini met en scène un homme vivant seul dans la montagne, perdant peu à peu la mémoire et la lucidité, dont on comprend au fil du livre qu’il est une victime silencieuse des dérives de la société italienne contemporaine. Une oppression et une intranquillité qui caractérisent tous les personnages de l’écrivain coréen Lee Seung U, écartelés entre un sentiment de culpabilité permanent et une volonté d’émancipation individuelle qui se confronte à la dureté d’une société coréenne en constante mutation, symbole du capitalisme moderne et des inégalités grandissantes au sein de la population. Deux livres entre intime et politique qui nous font découvrir des réalités lointaines, pourtant très proche des enjeux français contemporains.

Laurence Fredet | Sophie Giraud | Elsa Pallot

Des citoyens, des lecteurs 

Coup de projecteur sur des livres ou des catalogues d’éditeurs qui ouvrent les enfants sur le monde et sur les autres, les accompagnent et les font grandir. Les éditions Hélium, à travers un catalogue jeunesse varié, s’interrogent sur la meilleure façon de sensibiliser les enfants aux idées à travers des livres qui ne sont pas des documentaires. La collection « Poèmes pour grandir » des éditions Cheyne poursuit une démarche singulière en utilisant la poésie contemporaine comme un vecteur d’interrogation sur le monde. Quant au nouveau magazine d’actualité Topo, il répond par le biais de la bande-dessinée aux questions qui agitent aujourd’hui les moins de 20 ans, en mêlant reportage d’investigation, chroniques humoristiques et vulgarisation scientifique. Autant de démarches qui contribuent à développer le sens critique et citoyen des enfants et adolescents pour en faire des acteurs du monde.
Avec le magazine Topo, les éditions Hélium et Cheyne

Tout public, recommandé aux adultes.

Jean-Paul Dubois

Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve... 

Dans les romans de Jean-Paul Dubois, les héros s’appellent systématiquement Paul, ils sont souvent seuls, parfois dépressifs, toujours drôles et attachants. C’est le cas de Paul Katrakilis, le personnage central de La Succession, joueur professionnel de Pelote Basque à Miami contraint de revenir dans sa maison natale en France à l’occasion des obsèques de son médecin de père. Dès lors, la mécanique se dérègle, l’atavisme (suicidaire) de la famille reprend le dessus sur les rêves d’évasion, la figure du père se superpose à son propre destin, et Paul prend la succession du cabinet paternel... Dans ce roman à la fois drôle et désespéré, on retrouve la gravité mêlée de fantaisie qui fait la singularité de Jean-Paul Dubois, le souffle de son écriture, sa faculté à dessiner des caractères, son regard acéré sur la famille, le destin, la solitude, mais aussi sur l’amour passionnel et la possibilité du bonheur...