Les chroniques de la rentrée littéraire épisode 2

C’est le retour de la rentrée littéraire ! Avec un peu moins de 500 romans, la production éditoriale est encore une fois pléthorique, bien que légèrement plus modeste. Et puisque le choix est large en ce mois de septembre, vous retrouverez dès aujourd’hui la sélection de rentrée de la FDLB : une trentaine de romans adultes et jeunesse qui nous paraissent incontournables seront chroniqués à raison d’un livre par jour par l’ensemble de l’équipe.

Par Lire à Bron.

Littérature ADULTE

Un enfant sans histoire, Minh Tran Huy (Actes Sud)

Un livre aussi bouleversant que nécessaire de l’écrivaine et critique littéraire Minh Tran Huy qui entremêle l’histoire de son fils Paul, atteint d’un trouble autistique important, et celle de Temple Gradin, qui est parvenu à surmonter ce handicap pour devenir une icône Hollywoodienne. De la découverte des premiers signes à celle du scandale que constitue la prise en charge défaillante de l’autisme en France, en passant par les impacts sur le couple, la famille, l’entourage, le rapport au monde dans son ensemble, elle parvient à combiner une réflexion intime d’un courage admirable à une vision plus large d’un angle mort de nos sociétés. Tout en donnant une histoire – notamment avec le personnage de Temple, celle qu’il « aurait pu être » – à cet enfant sans langage, dont le destin nous hante longtemps après la lecture.
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L’Effet Titanic
, Lili Nyssen
(Les Avrils)

Premier roman d’une jeune femme issue du master de création littéraire du Havre, L’Effet Titanic aborde avec une écriture particulièrement sensible et originale un motif pourtant rebattu en littérature, celui du premier amour, et plus largement celui de la première fois. Son héroïne, autrice en devenir, y éclaire sa propre histoire en écrivant la relation fictionnelle de Flora et Zak, deux jeunes gens que tout oppose et qui pourtant s’aimeront intensément – comme on aime à 20 ans ! Un dispositif narratif très maîtrisé, qui aborde avec beaucoup de justesse l’émotion des débuts, les premières désillusions, la fureur de vivre et le vertige que constitue le passage à l’âge adulte. Une découverte !
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Une somme humaine, Makenzy Orcel (Rivages)

Pendant français d’un précédent roman « haïtien » de l’auteur, intitulé L’Ombre animale, ce nouveau roman de Makenzy Orcel nous plonge de nouveau dans la tête et le corps d’une femme qui raconte son histoire, de sa naissance à sa mort, en passant par une enfance aisée mais sans amour, une adolescence marquée par la violence patriarcale, et une vie sentimentale aux allures de tragédie. Portée comme toujours chez Orcel par une langue à la fois lyrique et crue, constituée de matériaux divers qui font la singularité du livre – des lettres, des articles, des enregistrements, des poèmes – cette confession post-mortem est tout autant le magnifique portrait d’une femme en lutte que le tableau mordant d’une société provinciale rongée par la domination des hommes et le mal qu’elle engendre.
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Le Trésorier-payeur, Yannick Haenel (Gallimard)

L’aventure littéraire du nouveau roman  de Yannick Haenel débute en 2015 à Béthune lorsque celui-ci est convié par la critique d’art Léa Bismuth à participer à une exposition centrée sur la notion de dépense évoquée par Georges Bataille dans l’un de ses livres. Il y découvre – est-ce une vérité romanesque ou un mensonge romantique ? – l’existence d’un tunnel reliant la maison d’un trésorier-payeur, qui porte le même nom que le célèbre écrivain susnommé, à la succursale dans laquelle il travaille. C’est le point de départ d’un livre qui traite d’abord du rapport à l’argent et à la spéculation pour finir par offrir une profonde réflexion sur le lien à la gratuité, la banquier philosophe faisant à son tour l’apprentissage de la charité. Un roman qui, sous des apparences radicalement politiques, est aussi un roman d’amour, comme un écho à la soif d’absolu des hommes et des femmes qui comprennent que le don est bien supérieur à la dépense.
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Les Tourmentés, Lucas Belvaux (Alma éditeur)

Acteur et réalisateur de films majeurs dont la fameuse trilogie composée de Un couple épatant, Cavale et Après la vie, Lucas Belvaux passe à la littérature avec un roman addictif centré sur quelques personnages attachants et une intrigue aux allures de polar social. Skender, un homme marginal et solitaire qui a perdu le contact avec son ex-femme et ses deux enfants, va accepter la mission donnée par la patronne de son vieil ami Max, qu’il a connu jadis à la légion d’honneur et qu’il semble retrouver par hasard… La chasse à l’homme peut commencer, mettant en lumière les failles de chacun des protagonistes, et notamment celles de Skender, traumatisé par la violence subie et commise dans son passé, et qui cherche par tous les moyens à recouvrer son rôle de père et sa dignité d’homme. Mais la fin justifie-t-elle toujours les moyens ?
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Ainsi pleurent nos hommes, Dominique Celis (Philippe Rey)

Dans son premier roman, l’écrivaine née au Burundi d’une mère rwandaise tutsie et d’un père belge ausculte les traumatismes dus au génocide du début des années 90 à travers les lettres que son héroïne Erika envoie à sa sœur alors qu’elle est de retour dans le pays de son enfance. En explorant les stigmates toujours présents de cette tragédie rwandaise dans un pays en apparence pacifié où cohabitent tant bien que mal les victimes et les bourreaux, elle montre avec beaucoup de force la façon dont, là-bas encore plus qu’ailleurs, le passé ne passe pas. A travers son histoire d’amour contrariée avec Vincent, elle met en scène une relation à la fois intense et blessée qui sonne comme une allégorie de l’impossible oubli et de la nécessité – tout autant que la fatalité – du devoir de mémoire que ce livre bouleversant contribue à entretenir.
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Littérature JEUNESSE

Jefferson fait de son mieux, Jean-Claude Mourlevat (Gallimard)

Quand Simone, « jeune lapine un peu dépressive » annonce dans une lettre d’adieu qu’elle va disparaître dans d’étranges conditions, il ne faut qu’une minute à Jefferson, l’étudiant hérisson devenu enquêteur malgré lui, et son ami Gilbert, le cochon désormais chauffagiste, pour se lancer dans cette nouvelle enquête à rebondissements. Quatre ans après les aventures de l’expédition Ballardeau, les lecteurs du premier tome retrouveront avec bonheur la galerie de personnages hauts en couleur que les nouveaux n’auront aucun mal à suivre. Un livre réjouissant de la rentrée, un nouveau roman animalier de Jean-Claude Mourlevat qui s’attaque avec drôlerie et intelligence au sujet de l’emprise par les sectes et dénonce encore la bêtise humaine.

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© Fête du livre de Bron 2021

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