La rentrée littéraire façon puzzle

La liste est longue des livres lus et aimés par l’équipe de la Fête du Livre de Bron pendant l’été. En voici un florilège sélectionné façon puzzle et commenté par nos soins, pour tous les âges et tous les goûts. Entre voix émergentes et valeurs sûres, récits autobiographiques et fictions documentées, vies parallèles, imaginaires ou minuscules, des livres qui disent les grands enjeux de cette rentrée touffue et passionnante, de l’écologie à la violence sociale en passant par la condition des paysans, le conflit syrien, les ZAD, l’héritage familial ou même… les piscines à vague et les palmiers en plastique comme métaphore de l’imaginaire tropical !

Par Lire à Bron.

ADULTE


Le grand saut, Renaud Dély (J.C Lattès)
Le journaliste politique Renaud Dély entre en littérature avec un roman aux frontières de l’exofiction et du récit autobiographique. A travers la figure tragique du perchiste Pierre Quinon, champion olympique aux J.O de Los Angeles en 1984 et mort suicidé à l’âge de 49 ans, l’auteur revient sur sa propre trajectoire, de cette nuit magique de 1984 où il découvre l’ange Quinon dans un contexte familial compliqué, à sa vie actuelle où le sport induit toujours une façon d’être au monde. Délicat, émouvant, littérairement impeccable, ce texte signe sans aucun doute la naissance d’un écrivain.


Furies, Julie Ruocco (Actes Sud)
Un premier roman remarquable qui aborde le drame syrien des dix dernières années – des premières révoltes arabes aux procès des dignitaires du régime d’Assad – par le prisme de deux personnages dont les destins vont s’entremêler. D’un côté Bérénice, jeune archéologue française d’origine syrienne qui entre malgré elle dans le conflit, de l’autre Asim, pompier syrien devenu fossoyeur et trafiquants de faux passeports. Entre ensevelissement et mise au jour, mémoire et oubli, une profonde réflexion sur  une guerre oubliée, et pourtant documentée, dans laquelle se débattent les furies, ces figures de femmes résistantes que Julie Ruocco a nommé ainsi en hommage à l’Orestie et qui donnent leur titre à ce premier roman de grande qualité.


Grande couronne, Salomé Kiner (Christian Bourgois Éditeur)
Une chronique de l’adolescence sans concession avec le portait d’une jeune fille d’aujoud’hui, issue d’un milieu modeste, qui est prête à tout – y compris la prostitution – pour assouvir sa soif de consommation, ressembler à ses camarades et appartenir à son époque. Un roman radical, parfois dérangeant, qui analyse avec beaucoup de sensibilité cet âge des possibles, entre banlieue pavillonnaire et grande ville, soif d’ailleurs et assignation à résidence, société de consommation et aventure intérieure. Le tout dans une langue acérée, tonique, vivifiante qui fait de ce premier livre un véritable coup de poing littéraire.


Pas dormir, Marie Darrieussecq (P.O.L)
Dans un texte aux frontières du récit autobiographique, de l’essai littéraire et de l’installation plastique, Marie Darrieussecq convoque de nombreux matériaux – liste, photos, citations – pour explorer le thème de l’insomnie d’un point de vue intime, artistique et philosophique. Elle-même confrontée depuis plus de vingt ans à ce qu’elle nomme le non sommeil, elle interroge autant les remèdes éventuels qu’elle a tenté d’utiliser (médicaments, alcool, littérature) que les figures tutélaires de grands insomniaques qui l’accompagnent dans cette ligne de crête entre vigilance extrême et folie pure : Proust, Pessoa, Duras, Latour ou Franz Kafka.


Pleine terre, Corinne Royer (Actes Sud)
Inspiré de la disparition tragique de Jérôme Laronze, agriculteur abattu par les gendarmes le 20 mai 2017 après neuf jours de cavale, le roman de Corinne Royer oscille entre le monologue intérieur d’un homme traqué pendant plusieurs jours et les témoignages de ses proches qui révèlent le harcèlement administratif qui l’a conduit à ce drame. Un texte puissant sur les limites du productivisme, la crise du monde paysan, l’absurdité du système et le désespoir d’un agriculteur dont le destin dit tout des grands enjeux et dérives de notre époque.


Mahmoud ou la montée des eaux, Antoine Wauters  (Éditions Verdier)
Poursuivant une œuvre littéraire aux confins de l’écriture romanesque et de la langue poétique, Antoine Wauters donne le monologue, en vers libres, d’un Syrien naviguant – et plongeant dans le lac qui a recouvert son village, sa maison, son passé, son histoire intime et collective, à l’occasion de la construction du barrage de Tabqa, en 1973. Un livre singulier et émouvant qui dit l’histoire syrienne de l’intérieur, de l’intériorité même, alors que ce pays est toujours plongé dans un drame sans fin.


 24 fois la vérité, Raphaël Meltz (Le Tripode)
À travers deux personnages dont les destins s’entremêlent au fil des 24 chapitres qui composent ce livre – en référence aux 24 images par secondes du cinéma -, le très inventif Raphaël Meltz donne un livre qui explore le 20ème siècle, et le début du 21ème, par le prisme de notre rapport à l’image. Avec son personnage d’Adrien, journaliste numérique contemporain qui écrit un roman sur son grand-père, opérateur de cinéma ayant filmé les plus grands évènements de son temps, il offre une réflexion à la fois intime et historique sur les grandes moments de l’histoire, les traces qu’ils laissent sur notre rétine – et la façon dont celles-ci construisent notre mythologie collective.


Le corps Tropical, Philippe Marczewski
 (Inculte)
Journaliste, libraire, écrivain, très grand lecteur, le belge Philippe Marczewski publie l’un des romans les plus originaux de cette rentrée avec Le Corps tropical, qui en appelle autant au grand auteur latino américain Alvaro Mutis qu’à L’homme de Rio de Philippe de Brocca. Au fil du périple hilarant d’un homme ordinaire qui découvre son goût du voyage dans un centre aquatique tropical du centre de la France, et qui deviendra porteur de valise sous les tropiques, il donne un livre qui est autant un roman d’aventures qu’un récit sur l’ailleurs et la prédominance de l’imaginaire colonial dans nos sociétés occidentales. Drôle et brillant, iconoclaste en diable, une véritable découverte !


Hors gel, Emmanuelle Salasc (P.O.L)
Emmanuelle Pagano change de nom mais pas d’univers avec un roman d’anticipation situé en 2056 dans une vallée menacée par la fonte d’un glacier, où l’on retrouve deux sœurs jumelles confrontées à la solitude et à la peur. Un livre qui dit le rapport à l’écologie, à la fratrie, à la folie aussi, comme si la fonte des glaces trouvaient écho dans la liquéfaction de personnages hantés par leur enfance et par la proximité du danger. Un livre qui aborde aussi le rapport à la liberté et à l’émancipation, qu’elle soit individuelle ou collective, avec une ambition et une singularité qui font de l’auteur une des voix les plus intrigantes du paysage littéraire contemporain.


Pour que je m’aime encore, Maryam Madjidi (Le Nouvel Attila)
Après le très remarqué Marx et la poupée, l’autrice d’origine iranienne Maryam Madjidi signe un deuxième roman traversé par l’adolescence et la construction de soi. Dans Pour que je m’aime encore, la narratrice met en scène son quotidien comme s’il s’agissait d’une tauromachie. En prise avec son corps, qui lui résiste et la confronte à des situations tragi-comiques, avec la banlieue qu’elle habite d’une façon fusionnelle, et sa famille dont elle essaie de se démarquer douloureusement, celle que ses camarades de collège appellent Johnny à cause de son perfecto, slalome vertigineusement pour accepter ses désirs. Face au piège de l’intégration et à ses rêves d’ascension sociale, l’adolescente interroge le rôle de l’école, le leurre des classes préparatoires et leur “quota banlieue” qui enfoncent le clou de l’origine et invitent au mensonge pour sauver sa peau.


Zone Blanche, Jocelyn Bonnerave
 (Le Rouergue)
C’est l’histoire de deux frères qui se sont perdus de vue. L’un, Maxime, musicien connu, part à la recherche de Christophe, qui vient de disparaître après des affrontements avec la police sur une ZAD. Cette Zone Blanche devient d’un des personnages principaux du roman, qui nous invite à en comprendre le fonctionnement, les ombres, les pièges, et l’intelligence des hommes qui l’habitent, la préservent et tentent d’y vivre selon une éthique salvatrice. C’est le roman d’une quête, d’une recherche, celle d’un jeune homme sur les traces de son frère envolé, et c’est aussi une tentative pour comprendre l’amour, la fraternité, la paternité, les idéaux, le sens qu’on voudrait donner à l’existence. Monde de la musique, de la scène et des sacrifices qu’exige le succès, mais aussi monde de l’agriculture alternative, de la marginalité ou de la lutte, ce roman mêle les univers dans un compte à rebours porté par une écriture visuelle et incarnée.


SensibleNedjma Kacimi
 (Éditions Cambourakis)
Dans Sensible, un premier roman radical et sérieusement documenté, Nedjma Kacimi sonde une France qui, soixante ans après l’indépendance de l’Algérie, se relève difficilement du poids de l’après-guerre et de ses blessures. Après avoir cru longtemps que la douleur des vexations et discriminations dont elle est l’objet, est un mal fantôme, l’autrice, aujourd’hui installée à Zurich, mène une enquête où se mêlent l’intime et le politique, pour tenter de comprendre l’origine du mal. Elle observe, écoute, fait parler les textes et les expériences de ceux qui ont été confrontés à la question, en regard de son propre parcours, qu’il s’agisse des immigrés algériens et leurs descendants, des Pieds-noirs, dont plus personne ne sait qui ils sont, qu’il s’agisse de la vision contemporaine de Kamel Daoud et sa Contre-enquête face à L’Étranger de Camus, et même d’Isabelle Adjani confrontée à la rumeur de sa mort programmée par le sida. Un texte puissant, à vif, charnel et humaniste, qui ébranle les certitudes, mais tente aussi une “chirurgie réparatrice” et redonne de l’espoir aux jeunes générations.


Avec Bas Jan AderThomas Giraud
(La contre allée)
Qui est cet artiste néerlandais, Bas Jan Ader (1942-1975) que Thomas Giraud approche dans son nouveau roman sobrement intitulé Avec Bas Jan Ader ? Qui est cet homme fragile et radical, qui met en scène, dans ses multiples performances filmées ou photographiées, l’homme qui tombe, l’homme qui chute, d’un toit, d’un arbre ou dans un canal, qui n’est autre que lui-même, à la recherche d’un impossible équilibre ? Dans ce roman d’une densité et d’une délicatesse sans égal, Thomas Giraud interroge le sens de nos existences, traversées le plus souvent par la perte, par l’absence, irrémédiablement reliées à l’enfance. Et regarde en face le fantôme du père fusillé de l’artiste, tombé sous les balles de soldats nazis dans une forêt, alors que ce dernier était un très jeune garçon. C’est un livre de silence et d’éclat, d’une beauté lancinante, qui redessine les silhouettes des hommes intranquilles et incertains, mal arrimés à la vie, qui tentent malgré tout d’«aller vers le bleu» et d’imaginer une majesté du désastre.


Ubasute, Isabelle Guttierez (La Fosse aux ours)
Dans Ubasute, Isabel Gutierrez, qui signe son premier roman, revient sur une tradition ancestrale du Japon qui voulait que l’on conduise et abandonne en montagne un vieillard,  après une longue marche le plus souvent réalisée à dos d’homme. Tradition qui fut mise en scène dans le roman Narayama de Shichiro Fukazawa, et adapté au cinéma par Shôhei Imamura. Il s’agit ici de Marie, dans notre monde occidental contemporain, et de son fils, prié de préparer ce périple et de déposer sa mère sous le Grand Rocher. L’occasion d’une ultime conversation entre ces deux êtres que la vie a malmenés, par-delà les deuils, les silences, les guerres subies par les ancêtres et l’exil. “Les arbres, les pierres et la morsure glacée du vent” sont les éléments qui parlent autant que les êtres dans ce dernier voyage qui revisite et répare une vie entière.


Encore une journée divine
, Denis Michelis (Notabilia)
Depuis son divin premier roman La chance que tu as, Denis Michelis nous invite à des huis clos incandescents où les personnages jouent leur vie et avec nos nerfs. Dans ce quatrième opus, Encore une journée divine, il resserre la focale sur Robert, un ponte de la psychothérapie en rupture avec sa pratique et ses patients. Parce qu’ils ne progressent plus, parce que lui s’ennuie, il publie un genre de bible, Changer le monde, préconisant, entre autres conseils, de préférer l’action à l’introspection, de soigner la peur en supprimant l’objet de la peur, et de  “cesser de mentir aux gens”. C’est enfermé dans la chambre d’un hôpital psychiatrique que Robert se confie jour après jour, crise après crise, à un médecin flanqué d’une infirmière, qu’il tente de manipuler et de convertir à ses croyances les plus folles.  Alors que son frère vient de sombrer en mer et que sa vie prend l’eau. De délires en élucubrations, le discours de Robert, aussi drôle que déjanté, règle son compte à la famille, aux systèmes de domination et à une société soumise à l’unicité de la pensée.


Wonder landes
, Alexandre Labruffe (Verticales)
Après deux livres singuliers et réjouissants, Alexandre Labruffe publie un récit autobiographique dans lequel il se met en scène au moment où sa famille est au comble du désordre. Wonder landes est l’histoire d’un retour dans la forêt des Landes, le temps d’un été, dans la propriété où le père se consume d’angoisse et se meurt, alors que le frère aîné vient d’être incarcéré suite à des accusations de trafic et d’escroquerie aussi floues que rocambolesques. Alexandre Labruffe explore les ondes de choc qui se propagent dans cette maison visitée par les huissiers et par de drôles de phénomènes, essaie de résister aux tentatives de manipulation du frère qui le harcèle de SMS et d’appels au secours, et construit un livre haletant et vibrant, souvent burlesque, connecté à la mémoire qui se brouille autant qu’elle se dévoile, où chaque phrase place le lecteur au coeur d’un ring d’où il ressort souvent sonné par la fulgurance de l’écriture.

JEUNESSE


Voilà l’automne
, Pauline Kalioujny (Seuil Jeunesse) / Tout-carton, dès 1 an
Pauline Kalioujny achève son exploration des saisons avec ce nouvel album tout-carton à lire du bout des doigts. Si tous les ingrédients de l’automne sont là (citrouilles, châtaignes, feuilles mortes et flaques d’eau), ce sont les sensations et les souvenirs d’enfance qu’elle convoque : la douceur de la laine, le réconfort d’un bol de soupe, le jour raccourci, la cueillette des champignons. Elle célèbre cette saison avec des images aux teintes automnales, or, roux et marron, et la rend palpable par sa technique de linogravure qui apporte de la texture aux formes et fait appel aux sens des tout-petits. Un livre au cœur de la nature pour accompagner tout en douceur les enfants à quitter l’été.


Père montagne
, Sara Donati (Le Rouergue)/ Album, dès 4 ans 
Agathe ne veut pas aller en camp de vacances à la montagne. Pour elle, ce n’est qu’hostilité, loin des lumières de la ville. Et puis la transformation va avoir lieu, celle qui va lui permettre de porter son regard sur le minuscule, les mousses fluorescentes incrustées dans les feuilles, les brillants des pierres, le papillon qui l’observe, et de reconsidérer la nature comme un être vivant et bienveillant, pour finir par trouver sa place au sein du groupe. Après avoir montré qu’on pouvait Parler aux arbres (Le Rouergue, 2018), Sara Donati pose à nouveau un regard sur le vivant porté par un texte sensible et des images au vert lumineux.


Rouge
, Stéphane Kiehl (La Martinière) / Album, dès 5 ans 
C’est l’été. Le soleil brûle le paysage des collines sèches et arides entourant le village de pierres, décor de vacances d’un jeune garçon qui espère que la voisine sera au rendez-vous cette année encore. Rouge, c’est la couleur que va prendre cet après-midi-là la nature en s’embrasant sous les flammes. Après Vert et Blanc, Stéphane Kiehl construit par l’image numérique un paysage aussi prodigieux que détaillé en superposant teintes et textures, figurant les flammes et les fumées de l’incendie dévastateur de manière quasi photographique. Un album d’une force poétique qui frappe par la brutalité faite à cette nature menacée.


Il était une forme, Gazhole et Cruschiform (Maison George) / Album, dès 7 ans
Voici un livre de contes qui bouscule les codes du genre. Le royaume de Pointudroidur n’est fait que de formes rectilignes et peuplé d’une galerie de personnages tout en lignes droites et angles pointus. Le roi et la reine espèrent une descendance géométrique, mais leur rêve tombe à terre quand Triangle isocèle, leur seule fille aux formes orthodoxes, s’éprend d’un prétendant hors normes, fait de rondeur et de douceur… Les deux auteurs Cruschiform et Gazhole font de cette histoire d’amour universelle une lecture jubilatoire, entre un graphisme radical, jouant à merveille avec les couleurs et les caractères typographiques, et un texte savoureux fait de rimes et jeux de mots. Un album alliant géométrie et poésie à la perfection !


De l’autre côté du net, 
Michèle Mira Pons et Walter Glassof (Actes Sud Junior) / Documentaire, dès 12 ans 
Data centers, cloud, streaming, big data, Gafam… À partir d’une enquête étayée, la journaliste Michèle Mira Pons livre un documentaire instructif et nécessaire sur internet, ce moyen de communication qui a profondément révolutionné notre façon d’accéder à la connaissance mais aussi de vivre nos quotidiens. À partir d’exemples concrets, elle met en lumière l’impact considérable des équipements numériques sur l’environnement et les dérives de l’utilisation des données personnelles. Avec des actions simples et concrètes, elle propose aux enfants comme aux parents des solutions pour revenir à un usage numérique modéré et ouvre des pistes pour une action collective et militante en faveur d’un internet libre.


Miettes (humour décalé), Stéphane Servant (Nathan) / Roman, dès 13 ans
C’est la fin de l’année. Seul en scène, un lycéen a décidé de raconter son histoire face aux professeurs, élèves et parents. Miettes, c’est lui. Comme les bouts de gâteau qui restent au fond du paquet et qu’on abandonne, un garçon mis de côté parce qu’il ne sait pas rattraper une passe, qu’il aime lire et qu’il a les bras trop maigres. Habilement, d’abord avec dérision puis dans une étrange sincérité, il va raconter ce qui arrive et dérange, mais qu’on tait : l’effacement, les moqueries, le harcèlement jusqu’à l’inacceptable violence. Un monologue bouleversant dont les spectateurs comme le lecteur ne peuvent s’échapper. Dans ce texte court, lu d’un seul souffle, mélange d’humour, de colère, d’humanité, de révolte et d’espoir, Stéphane Servant pose cette question centrale : c’est quoi, être un garçon ?

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